‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 36 sur 242 · Elu en iô46 par l'Académie, de préférence à Corneille · texte numérisé non relu

Elu en iô46 par l'Académie, de préférence à Corneille

3. Reynier, Hist. de la langue et de la litt. fr. de Petit de Julleville, toin. IV, p. 386. — Du Ryer parle textuellement de « ces grands génies qui rendraient l'ancienne Grèce envieuse de la France ». Son Esther fut jouée en i643.

4. Balthazar Baro, secrétaire d'Honoré d'Urfé, avait imprimé la fin de YAstrée. En 1629, il donna un poème héroï-tragi-comique en cinq actes et en prose, Célinde, au troisième acte duquel on représente une tragédie de Judith en 3oo vers. Son Saint Eustache est de 1639 selon les uns, de 1649 suivant d'autres. Baro appartint à l'Académie.

5. Desfontaines donna son Saint Eustache en 1642, selon les uns (en i645 suivant d'autres), un Saint Alexis ou l'illustre Olympie en i644 ou i645, puis L'illustre comédien ou le martyre de saint Genest en i645 : aussi, en 1646, Rotrou intitule sa pièce : Le véritable saint Genest, sans doute pour s'excuser de ne venir que le second. Les deux pièces, celle de Desfontaines et celle de Rotrou. étaient imitées de Lope de Vega qui avait écrit Lo Jingido verdadero'( La feinte devient vérité). Il se peut que Desfontaines ait composé aussi une Sainte Catherine qui fut jouée en i65o et que l'on attribue plutôt à l'abbé d'Aubignac. Voir Reynier, /. c, p. 35o, 355 et 377.

6. Nous ne parlons pas des 17 sujets empruntés à la Bible qui, d'après la table des frères Parfaict, furent mis au théâtre de i58o à 1609.

ges ». D'autres y étaient tombées, et c'était fort heureux1. D'autres étaient applaudies et, suivant le mot de l'auteur de Port-Royal, « les La Serre 2 et les Desfontaines se mettaient en frais de martyres ; les saintes Catherines et les saints Alexis mouraient coup sur coup ; une recrudescence de sujets religieux se manifestait » dans cette société que commençaient à troubler profondément les querelles naissantes du jansénisme et du molinisme.

Quoi qu'il en soit, rien ne nous permet de dire que Godeau, sous prétexte qu'il connaissait mieux que Corneille l'histoire des origines du christianisme, ait estimé que le martyr Arménien, brisant les idoles du temple de Mélitène devant son beau-père, se livre à une témérité que l'Eglise elle-même avait, au temps des persécutions, formellement condamnée. Nous ignorons ce qu'il pensa de la tragédie dont Boileau n'a • rien dit dans ses œuvres, ni Racine dans son éloge académique de P. Corneille, ni Fénelon dans sa Lettre à l'Académie, et dont l'auteur fît moins de cas que de Cinna ou de Rodogune. Nul n'a avancé que Godeau ait été chargé par l'Hôtel de Rambouillet, donc avant novembre i64o, d'une démarche qu'il se peut d'ailleurs que Voiture ait accomplie. Enfin qu'on lise ce que Godeau, dans son poème posthume, Les fastes de ï Eglise, a dit de saint Polyeucte : il l'appelle « généreux », et non pas imprudent, il le qualifie d'« athlète de la foi », et non pas de téméraire, il le félicite d'avoir « déchiré l'édit des princes 3 furieux » et d'avoir « brisé les idoles des dieux hardiment ». Cet adverbe, si Voltaire, au moment d'écrire son Commentaire de Polyeucte, avait jeté les yeux sur les vers de Godeau, ne lui aurait guère permis d'affirmer que notre évêque a « tout particulièrement », plus que les habitués de

ï. Ainsi la Sainte Agnès de Troterel, sieur d'Aves, où un sujet analogue à celui de la Théodore de Corneille était traité, en i6i5, « avec la plus épouvantable licence », dit M. Rigal, Hist. de la langue et de la litt. fr. de Petit de Julleville, tom. IV, p. 193.

2. Jean Puget de La Serre, raillé par Boileau non moins que par Saint- Amant, donne un Martyre de sainte Catherine vers i643.

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