‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 87 sur 242 · Bourgoin, p. 5i · texte numérisé non relu

Bourgoin, p. 5i

lx. Mlle Muisson : en février i634, Conrart avait épousé Magdeleine iVIuisson, sa cousine-germaine (elle avait pour mère Marie Conrart) : témoins du contrat, Arnauld d'Andilly, Le Duchat et Ghapelain.

premier livre lui en avait semblé très beau, et qu'il serait heureux de le lire avec lui. Le ier septembre, il avertissait Godeau qu'il lui enverrait prochainement la révision désirée.

M. Faguet dit que la strophe de dix alexandrins, que Godeau employa dans cette épopée, est une hérésie. M. Cognet juge que la grâce paraît souvent dans ce poème, que la grandeur n'y fait pas toujours défaut, mais avoue que le souffle de l'auteur n'est qu'intermittent, qu'il y a du prosaïsme dans le style, de la fadeur dans l'expression, de l'apprêt dans le discours, certains vers de madrigaux, des traces de paganisme, de la monotonie.

La « seconde partie » des Œuvres chrétiennes de notre évêque comprend, en outre : i° six « Eglogues spirituelles », 2° dix-sept nouvelles paraphrases de Psaumes, 3° le cantique « Lumineuses troupes des Anges », déjà publié en 1637, l\° quatre hymnes.

Déjà dans la première partie des Œuvres chrétiennes, celle de 1 633, on avait pu lire huit « Eglogues sacrées » de Godeau, et nous en avons parlé. Il passe, en 16/ii, du sacré au spirituel, et ces nouvelles eglogues méritent, plus que les précédentes, d'être analysées 4. Comme les sacrées, les spirituetles sont écrites en alexandrins. Ce sont des dialo gués entre de prétendus bergers aux noms idylliques. M. Faguet paraît avoir goûté vivement ces poésies où, dit-il, les environs de Grasse sont peints avec un assez sincère sentiment de la nature. Rappelons que l'évêque avait tenu à ce qu'aucune description n'y choquât « les yeux des plus scrupuleuses vierges ».

Il ne peut cependant oublier le temps où, comme l'a dit M. Magne, « laid et petit comme un singe, il lançait à tuetête des saillies qu'applaudissaient Guiche, soldat en herbe, et Chandeville, poète adolescent, attaché au cardinal de La Valette » 2 ; où il figurait parmi les amis de prédilection

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