P. 75 à i3o de l'édition de i64i
2. Magne, Voiture et les orig. de IHôt. de Ramb., Paris, Mercure de France, 2' édit., 191 1, p. 121.
de Julie d'Angennes, « faite de frivolité et de cupidité, qui admira ce cardinal, le plus fol des prélats, et s'entoura de marionnettes » { ; où Mlle Paulet préférait sa compagnie : « non qu'il offrît un charme capable d'amollir le rude caractère de la demoiselle à qui sa fauve crinière, son courage, sa fierté, ses brusques et rugissantes fureurs contribuèrent à conserver le surnom de Lionne. C'était un elfe, un lutrin, un gnome, au visage simiesque. On ne le contemplait pas sans rire. Un esprit endiablé l'animait. Sans cesse, il imaginait des farces : sa galanterie effrénée se traduisait en paroles, en gestes, en poésies. 11 était le page de la princesse, son bouffon, son pitre 2 ».
Dans VEglogue I, je note tout d'abord que, parlant à a l'aimable Lycidas » 3, l'autre berger, « le cher Léris », l'entretient de « la grande Arthénice » et de « l'illustre Julie ». D'autre part, Lvcidas s'écrie avec enthousiasme :
0 champs ! ô champs de Grasse, ô fertiles collines,
0 rochers cultivés, ô sources argentines,
O myrtes, ô jasmins, ô forêts d'orangers...,
Mille fois je m'écrie : ô brebis, ô troupeaux,
O champs, ô champs de Grasse, oh ! que vous êtes beaux !
Enfin son interlocuteur lui fait remarquer que dans ce pavs, qu'il trouve si admirable, il y a des dangers à courir, et
Que des rives du Tage il y descend des loups.
allusion à l'occupation momentanée, et dont nous avons parlé, des îles de Lérins par les Espagnols. Si nous lisons de plus près cette églogue, il est facile de voir qu'elle est datée du mois où Godeau quitta Paris pour aller à Grasse. Nous avons dit qu'il reçut la consécration épiscopale le i4 décembre i636 : à cette époque les troupes de Phi-
i. Magne, Voiture et les orig. de l'Hôt. de Ramb., Paris, Mercure de France, 2e édit., 191 1, p. 107 et 110.