CHAPITRE XI Ml
de la chair humaine ' ! Raimond s'obslinait toujours à ne point partir en laissant aux mains de son rival la domination de la Syrie. IL provoqua, vers le milieu de janvier, une nouvelle conférence à Rugia, ville située à mi-chemin entre Antiocbe et Marrah. Le duc s'y rendit ainsi qne tons les barons et prélats, mais on n'arriva à aucun résultat satisfaisant. Tout le monde fit des vœux en faveur de la concorde , personne — trouva le moyen de la rétablir ; les princes se séparèrent ai divisés et aussi indécis sur la suite de la guerre qu'aupa vaot.
Cependant la solution vaiuemeut cherchée par la sage et l'habileté des e prud'hommes », l'exaspération popula l'avait amenée. Raimond, au retour de Rugia, trouva sa v de Marrah détruite de fond en comble. Les pèlerins avai< profité de son absence pour la démanteler et enlever ainsi comte tout prétexte de retard. Il n'avait plus, en eSet, q partir, ne pouvant demeurer parmi ces ruines et n'ayant ] BOUS ses ordres une troupe d'hommes disposée à l'aider di UQ coup de main contre Aotioche. Tout le monde aspii vers les saints lieux. Quinze jours après, incapable de résis à l' entraînement général , il se mettait enfin en marche di la direction du midi . Le duc de NormandieetTancrède l'acco pagnaient.
Godefroi et les antres partisans de Boémond, n'étant p retenus auprès de lui par aucun intérêt, s'apprêtèrent aussi à reprendre également lenr pèlerinage. On publia le ban guerre, fixant le rendez-vous à Laodicée pour le 1" ma Antiocbe avait arrêté la grande armée pendant plus de se mois , dont les deux tiers au moins , tant avant qu'après la pi
< TooB les htitorieDB de la croisade l'affinneot. Albert d'Aii, livre exprime k ce Bvget de Binguliers Bcropulea. t ChoBe horrible I dit-il, on vint dans tout le pays à ua tel excès de détrasse , que les dirétiens n'en] pas horreur de manger non-seulement les Turcs et les SarraeinB mo mais mime le» chiens qu'ils pouvaient saisir I i
delà ville 9 avaient été absolument perdus, par suite de l'inaction des chefe ou de leurs querelles.
La troupe qui suivit le duc à Laodicée ne comptait que vingt- cinq mille combattants à pied ou à cheval. Boémond l'accompagna aussi jusque-là avec sa gent ; mais il ne pouvait aller plus loin : Ântioche avait besoin d'un défenseur. Il prit donc congé de ses frères d'armes et rentra dans sa principauté. Gomme Baudouin d'Édesse, il tenait son vœu de pèlerinage pour rempli du moment que son ambition était satisfaite.
Laodicée y port assez considérable de la Méditerranée ^ était la seule place de Syrie qui appartint encore à l'empereur de Constantinople. Peu de temps avant l'arrivée de Godefroi de Bouillon 9 elle avait été attaquée par ce pirate boulonnais, Guinemer, qu'on a vu plus haut débarquer, à Tarse, pendant le séjour de Baudouin, frère du duc, et s'enrôler sous sa bannière. Sa flottille avait depuis lors fait une espèce de cabotage le long des côtes et concouru au ravitaillement de Tarmée de terre. Ne rencontrant point en ces parages de Turcs à combattre, il avait cru remplir aussi bien le but de la croisade en s'attaquant à la puissance grecque ; mais cette tentative lui avait fort mal réussi. Il avait été fait prisonnier à l'assaut de Laodicée, et il languissait depuis plusieurs mois dans les cachots du gouverneur. Godefroi , informé de la mésaventure de son compatriote, le réclama comme vassal de Baudouin. Les officiers d'Alexis, n'osant rien lui refuser, remirent le pirate en liberté ainsi que tout son équipage, et lui rendirent même ses vaisseaux. Le duc l'attacha spécialement au service de son corps , et lui commanda de naviguer toujours à la hauteur des troupes en marche ^ L'escadre placée désormais sous ses ordres comprit, outre l'ancienne bande de forbans frisons et flamands avec lesquels il avait jadis écume les mers ,
1 Gaillaume de Tyr, liv. VII, ch. zvi.
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