‹ Godefroi de BouillonChapitre 116 sur 141 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

grands eCTorts , à les apaiser et à rétablir la concorde * y> .

Les habitants d'Ârsouf, voyant leurs ennemis réconciliés et se sentant incapables de résister à leurs forces réunies , firent d'eux-mêmes leur soumission au roi de Jérpsalem. lis lui payèrent tribut et lui donnèrent des garanties de leur fidélité. Godefroi, de son côté, leur laissa comme otage un de ses meilleurs chevaliers , Gérard d'Âvesnes. Après quoi il reprit le chemin de la ville sainte.

La bataille d'Ascalon , en achevant d'affranchir la Palestine des invasions étrangères, avait terminé la croisade. Après quatre ans de travaux et de périls inouïs dans l'histoire du monde , les croisés avaient accompli leur vœu, et ils avaient h&te de revoir la terre natale. Ils firent part de leur dessein au roi, qui leur donna congé sur la plage même d'Arsouf. a II baisa tendrement chaicun de ses compagnons, demeura longtemps dans leurs bras, versant des larmes, les suppliant de se souvenir toujours de lui et de ceux qui devaient partager son exil , et de leur envoyer des renforts pour résister aux nations infidèles ^ »

Godefrôl vit ainsi partir ses plus anciens et fidèles amis : son frère Eustache et les deux Robert. Dix mille pèlerins environ les suivirent outre-mer. Il ne demeura pour la garde des lieux saints que trois cents chevaliers et deux cents sergents à pied. A peine eût -on trouvé, en outre, quelques milliers de Français dans les autres principautés féodales fondées en Mésopotamie et en Syrie.

Qu'était donc devenu le reste de ces six cent mille croisés fournis par les différents royaumes d'Europe? Leurs ossements, semés sur toutes les routes, depuis Jérusalem jusqu'aux frontières de Tempire germanique , marquaient les étapes glorieuses ou néfastes de ce douloureux voyage , en

1 AU)ertd'Aix,liv. VL î Jhid.

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aUendaot que Dieu les admette « ea réoompense de leurs rertus ou de leurs expiations» aux splendeurs de la Jérusalem céleste t II n'y eut que deux barons, Tancrède par dévouement , le comte de Toulouse par ambition et par inquiétude d'esprit, qui firent vœu de consacrer leur TÎe à combattre les infidèles , et se fixèrent dans les États de Godefroi ; mais Tancrède seul s'attacha à son service. Baimond rechercha plutôt l'appui de Tempereur de Gonstantinople , au. nom de qui il gouverna les villes maritimes de Laodicée et de Tortose.

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