‹ Godefroi de BouillonChapitre 122 sur 141 · CHAPITRE XIY SSl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY SSl

l'empire chrétien de Jérusalem , des franchises mêmes qu'elle tenait de son trop généreux fondateur.

La veille de TÉpiphanie, 5 janvier 1100, les pèlerins d'Ântioche et d'Édesse quittèrent la ville sainte : Godefroi , suivi d'une foule considérable à pied et à cheval , les accompagna jusqu'au bord du Jourdain ^ et tous ensemble se baignèrent dans les flots où Notre -Seigneur reçut autrefois le baptême. Après cette cérémonie, on se sépara : Boémond et Baudouin remontèrent le fleuve jusqu'à Tibériade pour gagner de là la Phénicie , tandis que le roi revenait vers sa capitale.

Il ne devait pas y rester en repos. Il guettait toujours l'occasion de tirer une revanche de ses deux échecs devant Arsouf. Vers le milieu de février, un habitant de cette ville , poussé par la soif du gain ou par des motifs particuliers de haine contre ses compatriotes, vint lui faire d'utiles révélations, et lui offrit de le tenir au courant de ce qui se passerait dans la place. Godefroi s'assura de l'exactitude des rapports de l'espion , acheta son dévouement et se tint prêt à profiter des indications que celui-ci promit de lui donner.

Quelques jours après , les gens d' Arsouf étaient répandus sans défiance hors des murs et se livraient à la culture de leurs champs. Soudain une troupe de cavaliers chrétiens , placée en embuscade près de Ramia , fond sur eux, s'empare des femmes et des enfants et laisse plus de cinq cents hommes sur le terrain , après leur avoir coupé le nez , les mains et les pieds ^ Ce coup de main remplit Arsouf d'épou-

1 Albert d'Âix, Ut. VU.

Tante et d^horreufi L» tizir Afdhal s'empressa die lui envoyer des renforts , entre autres detxx cents d^ ses terribles Éthio* pîeM et cent CiAialiers arabes. Mab^ès deux reacontoes, où raraatage resta encore aux crmsés, la nmnreUe garnisaa, affreusement décimée, s'enfuit rers TÉgypte; et la ville , désespérant de pouvoir résîatsr., mêma avec l'appui da calife ^ au roi de Jérusalem ^ cafMtula défiaîtîvement » kd envoya les cMs de see pcHrtes et de ses tooi» et sa soumît au tribut. Godefroî $m investît un de ses chevaliers, origi-' naire de la PouîUe et nommé llobert, qui avait puissamment contribué au succès de cette expédition .

Après Arsouf y ce fut Â3calon qu il s'appliqua à réduire. Dans ce but et afin de tenir en échec les cités maritimes qui obéissaient encore au. calife du Caire , il fit relever Xoppé » détcuite pendant le siège de Jérusalem , fojctifia son port et eu fit un mouillage sÛ4 et commode pour les navires chré^ tiens ,^ qui y affluèrent bientôt de toutes les Ues du voisinage et u»àme des continents éloignés. La position pcise subite* ment par cette rivale et l'étroit blocus^ maintanu par ses ciroiseurs sur tout le littoral portèrent un coup mortel à la prospérité d'Ascalon, de Césarée et de Ptolémaïs, peuplées de navigateurs et de marchands. Elles sollicitèrent alors d'elles-mêmes leur incorporation au nouveau royaume , et leurs émirs adressèrent à Godefroi un message ainsi conçu ; <K Nous te supplions, prince très-glorieux et magnifique, c d'autoriser nos citoyens à sortir , pour leurs affaires , en c sécurité et en paix. Nous t'envoyons dix bons chevaux et c trois beaux mulets, et tous les mois nous te fournirons, <ic à titre de tribut, cinq mille besants ^ » De tous les pré-

1 AU>ertd'Aiz,Uv.VII.

Page 1