CHAPITRE XIV ' 3S
MDts \» plas^ agréaèkr an pd, comme le plus mattenda, fut eelut de FteKrd'AscaloD, qui renvoya à Jérasalem, ncbenent vèttt et monté sm un exeellent cheraU Gérard d'Avemes, ^oe ceux d'Arsonf lui avaient livré et que la science des médecins musulmans avait entièrement guéri de* ses blessures» Le roi lui donna, pouff rindemnis^ de ses longues souffranoeSy la château de Saint «Abraham, skué dans les mratagnes d'Arabie.
Le traité conclu avec les villes du littoral entraîna la soumission d'un grand nombre de tribus arabes qui ne pouvaient plus attendre que du vainqueur des débouchés à leur commerce. Godefroi leur ouvrit les marchés de Jérusalem et de Joppé; mais il réserva aux Latins le monopole des relations maritimes. II voulait, à tout prix, couper les communications entre l'Egypte et la Syrie : aussi tout navire infidèle abordant dans ses ports était saisi, et son équipage mis à mort, ou tout au moins fait prisonnier. Ces mesures énergiques , en isolant complètement de l'empire fatimite ses anciennes colonies , assurèrent la pacification graduelle et l'autonomie du royaume chrétien.
U restait cependant à contenir et à refouler vers le nord-est les Turcs , encore solidement établis dans le pays , et dont le principal chef était Dekak, sultan seldjoukide de Damas. Cette rude tâche incombait à Tancrède. Dès avant la fin de l'année 1099, il avait conquis Tibériade et plusieurs autres villes aux environs du lac de Génézareth, et Godefroi lui avait donné l'investiture de ce pays y avec le titre de prince de Galilée.
Bentré dans stm fief , après avoir assisté aux assises de son suzerain dkms la première semaine de janvier, il n'avait pas
3U GODEFtlOI DE BOUILLON
cessé y depuis lors , d'être en lutte avec un émir de son voisinage que les chrétiens appelaient le Gros-Rustre^ à cause de son excessive corpulence et de la grossièreté de ses manières. Godefroi dut venir à la fin au secours de son vassal , et il saccagea pendant huit jours le domaine du Gros-Rustre. Celui-ci alors invoqua l'appui du sultan de Damas. Mais Dekak se contenta de faire une manifes1;ation, sans résultat , sur les derrières de l'armée royale au moment où elle se retirait , chargée de butin , des campagnes qu'elle venait de dévaster. Bientôt même , voyant grandir la puissance du prince de Galilée , il conclut avec lui une trêve dont le bénéfice fut étendu au Gros-Rustre. Tancrède reçut de ses ennemis terrifiés des présents magnifiques ; mais là ne se bornèrent pas ses exigences : à l'expiration de la trêve y il manda au sultan de Damas qu'il eût à lui remettre les clefs de sa ville et à embrasser le catholicisme, s'il voulait obtenir de lui la faveur de continuer à résider dans son territoire ; faute de quoi , ajoutait-il , il lui serait impossible de lui conserver son amitié ni pour or ni pour argent.
Des six chevaliers chargés de porter le message cinq payèrent de leur tête l'accomplissement de cette audacieuse mission, et l'autre n'échappa à la mort qu'en se faisant musulman. Un long cri d'indignation retentit dans toute l'Église de Jérusalem à la nouvelle d'un si barbare attentat, et Godefroi de Bouillon en tira sur-le-champ une terrible vengeance, en livrant de nouveau au pillage, durant qumze jours, les villes et les villages habités par des Turcs. Ce fut encore sur le Gros^Rustre que retomba le châtiment. Aussi, fatigué de payer pour un allié plus fort ou plus habile que lui, mais qui du reste, après l'avoir compromis, ne se mettait jamais en peine de lui venir en aide, il comprit qu'il n'avait