‹ Godefroi de BouillonChapitre 7 sur 141 · CHAPITRE I H · texte numérisé non relu

CHAPITRE I H

D'ailleurs il fut peu à même de recevoir les leçons et de subir rinfluence des exemples de son père; car, à peine adolescent, il fut appelé auprès du duc de Basse- Lorraine, qui lui destinait son héritage.

Godefroi le Bossu, frère de la comtesse de Boulogne, était devenu en 1070, par la mort de son père, duc de Lorraine et seigneur des domaines héréditaires de la famille. 11 était marié, depuis sept ans alors, avec une femme célèbre, qui se trouvera mêlée à d'autres événements de cette histoire : c'était Mathilde, comtesse de Toscane. Ce mariage, fruit d'un calcul ambitieux de Godefroi le Barbu , qui avait pensé perpétuer la domination de sa famille au delà des monts en unissant son fils à Tunique héritière de Béatrice, sa seconde femme, ne devait pas être heureux. Aucun lien de sympathie n'attacha jamais l'un à l'autre les deux époux ; et quand, en 1070, Godefroi vint en Lorraine, oti les soins de son administration le forçaient désormais de s'établir, sa femme refusa de le suivre et demeura en Toscane.

Trois ans après, à la suite d'une guerre dans laquelle il fit sur Robert de Flandre la conquête du comté de Frise ( Hollande), Godefroi repassa les monts et pressa de nouveau, mais en vain, Mathilde de venir habiter avec lui. Elle le laissa repartir seul, et la rupture entre eux fut désormais consommée ^

C'est probablementàla suite de cette démarche infructueuse que le duc de Lorraine, qui n'avait point d'enfants, résolut de se créer une famille en adoptant celui des fils de sa sœur qui portait le même nom que lui.

Toujours est-il que nous voyons vers cette époque le jeune Godefroi de Boulogne devenir le compagnon de son oncle. Il continua auprès de lui les exercices préparatoires au saint ordre decheoaleriej et peut- être le suivit-il dans les expéditions auxquelles leduc, vassal et zélé partisan de la maison de Fran-

1 Art de vérifier lee dates, ducs de Brabant, article consacré à Godev frol V Je Bossu,

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QOitMf prit part les années Miyantea oob^ les Saxons rétoltés. Mais il ne pouvait fttre qIcts qu'un obscur poursuivant d'armes, réduit dans les combats à Toutillement militaire des vilains, jusqu'à ce que sa majorité lui permit de faire en personne le service d'un fief, et par conséquent df porter l'épée.

Cette mqorité, pour les hommes nobles, était fixée alors à la quinzième année* A peine en eut*il dépassé l'&ge, qu'il lut appelé à en exercer les droits^ car il perdit son protecteur dès le commencement de Tannée 4076. Le due deBass^ Lorraine revenait de visiter avec son neveu laFrÎ8e,saréemte conquête* Se trouvant à Anvers , \\ y fut assiisûné le 26 février, dans un guet-apens , par I9 cuisinier du oo^te de Flandre, qui lui enfonça par derrière un fer de Ifince dans les intestins. 11 ne survécut que sept jours à cette atroce blessure ^ Personne ne douta que ce meurtre n'eût été commis par les ordres de Robert de Flandre lui-même. C'est ainsi qu'il se vengeait sur son vainqueur de la perte de la Hollande.

Dans la société féodale, où, faute de pouvoir souverain assez fort pour faire des lois et les appliquer, la guerre privée, érigée en institution publique, décidait toutes les querelles et déterminait tous les droits, l'assassinat était une sorte de voiet d'appel, que plus d'un trouvait naturel et légitime d'opposer aux décisions de cette justice barbare. Quand la meurtrier éteit uq puissant feudataire comme le comte de Flandre, nulle répression ne pouvait l'atteindre. Aussi le crime d'Anvers demeura impuiû.

1 Art de vérifier les dates, dacs de Brabant, article consacré A Godefroi V le Bossa.

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