‹ Godefroi de BouillonChapitre 89 sur 141 · DÉFENSE D'ANTIOCHE CONTRE KERBOGHA · texte numérisé non relu

DÉFENSE D'ANTIOCHE CONTRE KERBOGHA

Jain et juillet 1098

Les derniers débris de la garnison d'Ântioche , ralliés par Témir Schems-Eddaula, fils d'Âki-Sian, s'étaient réfugiés dans la citadelle. Les princes Yonlarent leur livrer assaut immédiatement , et vers onze heures du matin y les hérants parcouraient les rues et les places, appelant sons les bannières de leurs chefs respectifs les soldats encore dispersés en quête de

butin. Mais en vain essaya- 1- on , tout le reste du jour, de gravir celte pente escarpée : la position était inexpugnable.

La montagne du château j dominant toute la cité, en était séparée par une vallée profonde d'où elle surgissait à pic. Vue de Torient ou du septentrion, c'est-à-dire du quartier Saint-Paul et de la ville neuve, elle semblait un promontoire surplombant un gouffre. Mais du côté du rempart » au contraire, le plateau allait s'élargissant et s*inc1inant en une pente douce, couverte de vignobles. La forteresse, ceinte de murailles, flanquée de tours massives, occupait Textrème bord du plateau, au-dessus de la ville. Elle n'avait qu'une descente, partant de sa face occidentale. La déclivité y était

fSe GODEFROI DE BOUILLON

un peu moins abrupte, et une seconde colline , épaulant en quelque sorte la première à mi - côte , formait une rampe par où courait un sentier étroit et roide.

L'ennemi ne pouvant être délogé que par la famine , il importait de lui couper cette communication , pour Tempêcher de tenter des sorties. Aussi les princes firent sans délai , sur la hauteur accessible» des ouvrages défensifs; ils y établirent même leur quartier général et le siège du conseil suprême.

Godefroi de Bouillon, seul, n'y résida pas : sa place était toujours au point le plus menacé. On lui confia la garde du rempart du levant , où il devait former les avant-postes contre Tarmée de Eerbogha , dont l'arrivée de ce côté était imminente. Il occupa la porte Saint- Paul et la redoute que Boémond avait bâtie devant cette porte pendant le siège. Dans cette position, il complétait le blocus de la citadelle et devait fermer à Schems-Eddaula la retraite vers les montagnes.

Les autres corps de troupes eurent quelques jours de repos, qu^ib passèrent en folles réjouissances. Les rares provisions restées à Antioche à la suite d'un investissement de neuf mois furent alors gaspillées dans des festins où les croisés, au dire d'un témoin oculaire \ oc appelèrent les danseuses des païens, et oublièrent entièrement Dieu, qui les avait comblés de tant de bienfaits. »-

Hais rivresse fut courte: Au bout de moins d'une semaine, on vit arriver les rapides cavaliers du Ehoraçan, avant -garde de l'émir de Mossoul. Superbement montés et équipés, ib poussaient leurs reconnaissances jusqu'au pied des remparts, jetant en l'air et ressaisissant au vol leurs lances et leurs cimeterres, exécutant enfin , si l'on peut s'exprimer ainsi, une sorte de fantasia provocatrice, sous les yeux d'un ennemi terrifié, hors d'état de les affronter; car il ne restait aux chrétiens que quelques centaines de chevaux , et ils n'a-

1 Raimond d'Agilers.

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