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LE CONSEILLER DE GOŒTHE

| philosophie + nouvelle et. l'attaquait par fois avec esprit, comme en témoigne une de ses Si nos

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Gæthe le connaissait très chien et fut parrain de son fils. -Schiller, qui lui acheta sa maison de l’Esplanade, le mentionne plusieurs fois dans sa corréspondance. Mellish a laissé quelques

traductions de Gœthe qu'il publia plus tard, à Hambourg, où il

était devenu consul, dans un recueil de, ses propres poésies allemandes. 11 essaya aussi (mais sans constance et sans succès) de traduire {ermann et Dorothée. Sa version de Paléophron et Néoterpe passa inaperçue; son projet de faire connaître en Angleterre le Traité d’optique de Gœthe fut abandonné.

Le riche marchand Charles Gore, ami du peintre Hackert, s’était retiré à Weimar avec ses deux filles. Il fréquentait régulièrement chez la duchesse Amélie. Charles-Auguste s’éprit d'Émilie, la cadette, et la duchesse Louise, habituée aux infidélités de son époux, concéda cette fois que son inclination lui faisait honneur, car la noblesse de la jeune Anglaise était égale

à sa beauté. Elle ressemblait, dit Henry Crabb Robinson, à la grande actrice Mrs Siddons, et avait beaucoup de dignité dans ses manières. [l'était donc naturel qu’elle inspirât aussi à son jeune compatriote une admiration très tendre. Charles Gore était un vieillard respectable et bienfaisant. « La présence de cet

- excellent homme, dit Gœthe dans la Vie de Philippe Hackert

(4810), doit être comptée parmi les avantages importants dont

jouit notre ville pendant ces dernières années... Il se montrait simple, aimable et complaisant envers chacun; re dans son grand âge, sa stature et son visage faisaient une très agréable impression. La conversation avec lui ne manquait jamais de matière, car il avait vu, vécu et lu beaucoup de choses. »

Le peintre Kraus a groupé, autour de la table de dessin du

« Wittumspalais », la duchesse Amélie, Gœthe, Herder,

(4) « Ta doctrine, Ô Fichte, a du neuf du vrai. Mais le vrai n pas neuf et le neuf n’est pas vrai. »

Mile de Güchausen et les trois Anglais. Gœthe lit, Elise Gore

dessine, Émilie brode et cause avec Heat C’est une peinture

très gauche, mais une page intime, toute empreinte de recueil-

lement et de paisible cordialité. Elle dit d’une façon frappante

les bons rapports qui unissaient, à la cour de Weimar, le pos les Anglais et les princes. ;

Le chevalier J. H. Lawrence, un ami de Gœthe et de Mellish, commit de nombreuses poésies lyriques et collabora en 1793 au Mercure de Wieland. Gœthe le mentionne dans sa correspondance avec Carlyle comme un visiteur fidèle et assidu. Mais il ne suffit pas d’avoir chanté les fiançailles d’un prince de Saxe- Weimar, d’avoir consacré à l’amour une fade allégorie et d’avoir été accueilli par un grand homme, pour po à la POSTÉE

Lorsque le jeune voyageur Henry Crabb Robinson (1) arriva en Saxe, au début de Fhiver 1801, son plus vif désir fut de. « voir » Gœthe. Les Brentano lui avaient révélé toute l’importance du poète, et il profita de sa rencontre avec le littérateur Seume pour se risquer chez l’auteur de Werther. Il n’avait pas la prétention de lui adresser la parole. S'il alla faire visite à Wieland, à Herder, à Schiller, il désirait seulement regarder Gœthe. Son vœu fut satisfait, car ce fut beaucoup plus une contemplation de sa part qu’un entretien. « À notre entrée, raconte-t-il dans son Journal, il se leva et, d’un air plutôt froid et hautain, nous invita à prendre des chaises. Comme il fixait son œil ardent sur Seume qui dirigeait la conversation, j’eus en face de moi son profil pendant les vingt minutes que dura notre visite. Il avait alors cinquante-deux ans et commençait à grossir un peu. Il était, je crois, lun des plus beaux types d’hommes que j'aie jamais vus... Mes compagnons (2) parlèrent d'eux-mêmes. Seume raconta les moments d’adversité de sa jeunesse et ses étranges aventures. Gœthe souriait avec une bienveillante condescendance. Lorsque nous fûmes congédiés et que je me retrouvai en plein air, je me sentis débarrassé

(4) CF. mon étude de la Revue germanique, Re 1012 TES € Robinson, p. 385-397.

(2) Meyer aussi était présent.

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