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HR eye GOTHE EN ANGLETERRE
les âmes d'autrefois s’élèvent de la source, et le diable les invoque en paroles mélodieuses, d’une musique toute gœthéenne : « Ombres de la beauté, ombres de là puissance, venez, obéissez.
Voici le moment. Dociles et soumises, sortez du fond de cette … source, comme le géant, fils -des nuages, franchit la montagne
du Hartz! » Ainsi qu’en une fantastique Nuit du Walpurgis, elles ir paraissent toutes : « Esprits héroïques, esprits revêtus jadis de la forme du Stoïcien, du Sophiste ou de tous les vainqueurs, depuis l’enfant de Macédoine jusqu’à ces guerriers romains nés pour détruire, ombres de la beauté, ombres de la puissance, obéissez, venez, voici l’heurel » Le Difforme est transformé : il devient le glorieux Achille, et l’Étranger, lui prenant sa laideur, se fait son compagnon d’armes sous le nom de César. Tel Méphisto, César est un sceptique. Il raille cruellement l’humanité, il entraîne Arnold dans les terrains mouvants qui s'étendent par delà le bien et le mal. Il n’y a pas de qualité absolue : comme la beauté et la laideur, comme la santé et l’infirmité, qui viennent d’être troquées grâce à un obscur sortilège, les valeurs morales sont interchangeables. César veut révéler à Arnold le néant des prétentions humaines : science, gloire, amour, fortune, tout n’est qu'illusion. Pendant le siège de Rome par le Connétable de Bourbon, il trouve le moyen de se moquer des lettres et des arts. Il est « the everlasting sneerer », mais comme Méphisto, il est aussi le serviteur utile. C’est lui qui ranime Olympia, après sa tentative de suicide à Saint-Pierre, et qui aide Arnold à la transporter au palais Colonna (1). De
Malgré de réelles beautés, le Bossu transformé ne plut pas à Shelley : c'était, répondit-il à Byron, qui lui demandait son avis, « une mauvoise imitation du Faust ».
(1) Des critiques comme Eberty, Gottschal, Adelbert Schrôter ont cherché une certaine parenté entre le Siéye de Corinthe de Byron, et la Fiancée de Corinihe dè Gœthe. Kôlbing réfute ces tentatives hasardeuses dans son édition de Byron; il ne peut pas être question d'influence ici. Avec aulant de raison, Kôülbing-rejette une assertion de la Critical: Review (5° série, vol IV), à propos du Prométhee de Byron : « The leading idea is taken from a poem bearing the same title, in Germany, bÿ Gœæthe, with whom Lord Byron is not unacquainted. » Les deux poèmes n’ont en effet de commun que le titre.
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Byron avait dit à Pise aû capitaine Medwin, en parlant de
Shelley qui veñait de traduire {a Nuit du Walpurgis : « Je don-
FA nerais cent livres pour avoir une bonne version du Faust et le monde entier pour le lire dans l'original. » Shelley en effet s’était
mis courageusement à l'étude de l'allemand. Le livre de Mme de : . Staël avait éveillé, dès 1813, son intérêt pour Gæthe et, l'esprit
hanté par le problème de la magie, il s’était surtout senti attiré vers Faust. Il en avait traduit une grande partie en prose vers
4815 et ces simples essais d’un débutant lui revinrent à la
mémoire quand parut l'édition anglaise des gravures de Retzsch. 4« Nous avons vu ici, écrit-il à Gisborne le 10 avril 14822, une
traduction de quelques scènes et à la vérité des plus remar-
uables qui accompagnent ces étonnantes gravures publiées en
Angleterre d’après un maître allemand. Ce n’est pas mauvais, et assez fidèle, mais que c’est faible! J’ai simplement essayé de rendre les scènes omises dans cette traduction (1). » Tre-
lawny le trouva à Pise, penché sur le texte de Gœthe et le
dictionnaire à la main. « Ses yeux brillaient avec une énergie aussi terrible que celle du plus avide chercheur d’or. » Les incantations de la Nuit du Walpurgis Varrachaient au recueil-
lement des villes mortes et dans le paisible décor de marbre * blanc, près de la tour penchée et du Campo-Santo; il évoquait
. l'infernale sarabande du Brocken. Mais cette obscurité où s’agi-
tait ce monde fantastique ne lui cachait pas le rayonnement du
Prologue dans le ciel. 11 sentait « la sagesse et la profonde harmonie de Gœthe » et relisait Faust « avec des sensations que ne
provoque aucune autre composition ». « Nous, les admirateurs
: du Faust, nous sommes, dit-il alors, sur la’ vraie route. du
Paradis. » Peut-être pressentait-il, par une de ces surprenantes
() Un souvenir très exact du Faust se trouve dans le poème de Shelley
The Dirge :« Old-winter was gone. —In his weakness back to the mountain’s
hoar » (Poems,éd. Tauchnitz, p.95. Cf, Faust, Jub. Ausg:, XIU, 39 : « Der alte Winter in seiner Schwäche, etc. »). Shelley attendait une traduction
totale du Faust par Coleridge. Son travail ne devait être, dans son esprit, que fragmentaire et provisoire. Sa version du Walpurgis est plus libre que celle du Prologue. « Les mots traduits, même lorsqu'il n’V à pas erreur malérielle, et cela arrive, ne sont guère que des jalons, des points dé repère autour desquels se précipite spontanément l’impérieuse coulée de pensées
: favorites et des sentiments dominateurs. » (Koszuz, Rev. germ. janv. 1907.)