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sont maintenant préparées au prophète, au rude prédicnteur ; de va PRES du fond DA sa es PR Carbyles- ,
- Faust n out pas en Addeeue das tant comme a en France. Il n’y eut ni engouement sentimental pour l'épisode
de Marguerite, ni curiosité angoissée pour l’odyssée de Faust et de Méphisto. Sans doute de nombreuses histoires de sorciers, parues vers 4820, attestent que le docteur de la légende, … le magicien de Marlowe, retrouve un regain de faveur. Les vies de Faustus, « astrologue allemand » et du mystérieux E Frère Bacon rehaussent le prestige du héros de Gæœthe. Dans - l'imagination populaire, la magie reprend ses droits. Mais cette grossière nécromancie n'appartient pas à la littérature. Si
. le diable sort partout des trappes de France, aux environs de
1830, pour « conclure des pactes avec des humains avides ou jouisseurs » (1), si des Fausts différents affrontent la rampe aux Nouveautés, à la Porte-Saint-Martin, à la Gaïté, il n'y a pas en Angleterre de littérature infernale, pas de Gérard de Nerval pour traduire le sombre romantisme du drame, pas de Théophile Gautier et de Delacroix pour évoquer, dans un décor archaïque, le ténébreux vieillard « auprès de sa croisée étroite, à carreaux verts », pas de Berlioz pour suivre le maudit dans la « course à l’abîme ». :
Il n’y a qu'une médiocre adaptation dramatique de George. Soane, montée à Drury-Lane en 1825, avec un faste inouï de mise en scène. Delacroix, qui était alors à Londres, fut vivement impressionné par la représentation et admira surtout le . Méphistophélès de Terry. Cette pièce, « la plus diabolique qu’on puisse imaginer », n’est pourtant pas, comme il le dit, un arrangement du Faust allemand, et « le principal » n’est pas « conservé ». L'auteur, qui avait entrepris en 4820 une traduction du drame, arrêtée par la mort de l'éditeur Bohte, se souvint évidemment de l'original, mais il tint surtout à frapper les esprits par une féerie à grand spectacle, enrichie de edité et de
(D) EF. En, Gœlhe en ER p. 154,
UTP Al L'AUTEUR pu PU RE d es * danse, mélange extravagant de tragédie germanique et d'opéra t3 italien. Le rideau se lève sur le décor du Drachenfels, | paysage traditionnel qui avait déjà vu mourir Charlotte et | passer les hordes de la guerre civile. Le soleil se couche et,
comme au début de Guillaume Tell, un chœur de pêcheurs, de chasseurs et de paysans se retire devant la tempête. Faustus nou et conjure le diable. Méphisto l'emporte à à Venise près . de son amante Adine, et là, sur la place Saint-Marc, en temps “5 1e carnaval, “un ballet s'impose. Arrivent alors un Wagner pédant et libertin, amoureux de Lucetta, la fille d’un auber- -giste,; et un officier italien, Enrico, frère d’Adine. Celui-ci sur-
| prend Faustus qui vient, avec deux musiciens, donner la séré- - nade sous les fenêtres de sa sœur et de sa cousine Rosalia. : Méphisto expédie l'importun dans l’autre monde. Mais voici que lPinconstant Faustus s’éprend de Rosalia, la fille d’un comte Casanova qui est lui-même, coïncidence bizarre, amoureux de Lucetta et rival de Wagner. Trouvés par le comte chez lui, Faustus et Wagner n’échappent à lInquisition que grâce aux sortilèges de Méphisto. Et lorsque Faustus, devenu roi de
. Naples à la suite d’un nouveau crime, se meurt piqué par la tarentule (!), l’abandonnée Adine paraît, le crucifix en mains. Elle obtient le repentir de l’infidèle et arrache son âme à Satan. Dès lors elle peut mourir sur son COrpS, en exhalant le dernier vers de sa sentimentale romance : « 1 come to theel » Nous sommes loin de Gœthe. Seul Méphisto a gardé son amertume. Wagner, resté pédant, est devenu coureur et le gai comte Casanova apporte une note tragi-comique dans l'extraordinaire aventure. Faust est racheté à la fin, et éditeur du livret se permet d'ajouter : « Mr Soane, en modifiant la catastrophe, a ‘épargné beaucoup de feu et de soufre. et une morale de haute
importance est ainsi inculquée du haut de la scène. » L’unique
Faust anglais charme les yeux comme une féerie, délasse l'esprit comme un ballet, satisfait la morale comme un sermon. Le public ne lui demande rien de plus.
En somme, le drame de Gœthe est arrivé trop tard en Angleterre pour avoir une action directe sur la littérature. L'histoire ‘fantastique, qui avait eu sa vogue vers 1800, avec le Moine de
Shelley au contraire vibra à l'unisson de Faust, et l’élan titanique vers l'absolu, le désir de dépasser par l'amour, l'action
ou la - connaissance, : le royaume des mortels, soutiennent la grande figure de Prométhée. Mais ce sont là des exceptions. Si .
Lewis et la ballade du Roi des Aulnes, n est. plus guère ie
en 1830. Les rares traductions du Roi de Thulé parurent isolées , -dans des recueils de poésie et ne propagèrent pas bien loin Pimage de Marguerite dénouant ses tresses blondes. La pensée anglaise n’oscilla pas, comme la nôtre, entre deux interpré- | tations : histoire diabolique ou douloureuse idylle. Méphisto
et Faust repoussèrent par leur impiété les poètes des lacs. Satanisme râilleur; aspiration vers l'infini et orgueilleuse inquiétude, voilà ce que Byron retrouva dans l’œuvre de Gœthe
et ce qu’il exprima davantage encore après Manfred. 11 mit à la :
mode une ironie hautaine et sarcastique qui souvent se détacha, comme une fausse note, sur un mélodieux fond de lyrisme.
l'opinion cultivée ne sent encore que confusément l’individua-
lisme de Faust, individualisme qui fait les chercheurs, les héros,
mais aussi les rebelles, elle pressent déjà le danger. Jusqu’à 1830, Faust n’a pas trouvé de bonne traduction en Angleterre, mais s’il en avait trouvé une, il ne serait pas parvenu à entrai-
ner le public. Pour que les Anglais consentent à méditer sur la
signification de l’œuvre, il faudra que Carlyle les rassure sur le salut de leur âme.
MC CRAPITRE VI