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& est à la fois une analyse et une interprétation de la « fan- tasmagorie classico-romantique ». Le génie, dit Carlyle, choisit lui-même la forme qui convient à sa révélation, et c’est à nous de nous approcher de lui, avec respect et patience, comme des disciples s’approchent d’un maître : Gœthe, conscient de . sa haute mission, déverse la masse de ses idées.dans un cadre poétique, et la tâche du critique est à L fois Loire le rêve et d’en donner l'explication.
Hélène est une lointaine continuation de Faust. Le premier drame n’est plus seulement, pour Carlyle, comme en 1822, l’histoire pathétique de l’enthousiasme humain aux prises avec le mal et le doute, c'est aussi une vaste vision panthéiste, éclairée par la froide clarté de la métaphysique, « une région étrange et sauvage, où, sous une pâle lumière, les formes primordiales du Chaos, pour ainsi dire les substructures de l'existence elle même, semblent s’avancer et grandir, obscures et géantes, dans la vague immensité qui nous entoure ». Ici, la vie de l’homme « avec ses petits intérêts, sa misère et son péché, ses passions folles et sa pauvre frivolité », ne peut que passer et s’user, dominée par le grand Tout dont elle est une indissoluble et médiocre partie.
Carlyle revient sur le sujet du Faust. Comme dans son premier essai, il fait une analyse des caractères : Méphisto
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est un personnage plie et sceptique qui. pourrait être- F: membre de l’Institut de France, et en même temps un fils de Ja Nuit, un émissaire du Néant primitif; Faust représente. Pesprit de recherche et d’effort, il est le fils de D lumière etdée - la liberté, il lui manque seulement l’abnégation, il a beau entasser expérience sur expérience, il n’atteindra pas Pinfini,. l'absolu que crée seule dans le cœur de l’homme la loi du renoncement. Mais il est impossible qu il soit damné; après la © Jutte, il finira « dans une paix fondée sur une meilleure connais-, ‘sance ». Carlyle avait écrit à Gæthe, le 20 août 1827, après la. lecture d'Hélène : « Si de simples prières humaines pouvaient. prévaloir contre une nécessité esthétique, Faust triompherait certainement du diable et de lui-même. » Le 17 janvier 1828, il lui redisait encore son impatient désir de connaître la conclusion : « De Faust, on m invite à attendre avec confiance, non seulement une continuation, mais encore un achèvement, et je. partage le sentiment général de l’Europe, la curiosité de voir ce que cela sera. » En attendant, il abandonne ses conclusions. . de 1822 : il ne sait pas encore d'où viendra la rédemption, mais il sent qu'elle viendra.
… Avec Hélène, le théâtre change, le temps antique, englouti dans le grand golfe de l'éternité, sort de ses profondeurs silencieuses et renaît. Ce n’est pas là une difficulté pour Méphisto, dit Carlyle : il est suffisamment philosophe, pour savoir avec Kant que l’espace et le temps ne sont pas des réalités, mais seulement des catégories de notre pensée. Des ombres, des. formes pâles et musicales s'élèvent : Hélène et ses femmes paraissent. « La scène est en Grèce, non pas dans notre pauvre: Morée ottomane, mais dans l'antique et héroïque Hellade, car. le soleil de nouveau luit sur Sparte, et la haute maison de Tyn- dare se dresse, éclatante et massive, parmi ses montagnes, comme au temps où Ménélas y revint, fatigué par dix années. de guerre et huit années de navigation. » Carlyle résume et commente, pour la première fois en Angleterre, la tragédie d'Hélène. Il en traduit les plus beaux passages et tout en se défendant avec ironie contre cette matière ardue, il donne à ses. lecteurs une parfaite idée de la pièce. Ce n’est pas fout. Il ne