‹ Goethe en AngleterreChapitre 38 sur 93 · LA CORRESPONDANCE. AVEC GOŒTHE · texte numérisé non relu

LA CORRESPONDANCE. AVEC GOŒTHE

Le Thor d la science ses premières notions de métaphysique, le ramène naturellement à Fichte. Il voit en Novalis une belle âme « purifiée par la rude affection » dans le « sanctuairé de la ES - souffrance », mais aussi un mystique au regard plongé au fond

de linfini. Novalis comme pour Gœæthe, la nature n’est

que «le voile et le mystérieux vêtement de l’invisible », mais pour lui comme pour Fichte, dit Carlyle, le monde be n’est pas seulement une réalité : il est l'unique réalité.

La vie à Craigenputtock reste calme, monotone et studieuse : les lettres de Gæœthe en sont les grands événements: Un soir de l'été 4829, Carlyle flânait devant la maison, fumant sa pipe, « silencieux dans le grand silence », le regard attardé sur les bois et sur les collines qui se Hraient dans le couchant. Tout à coup, un bruit, des voix, un trot de chevaux vinrent l’arracher à sa méditation. C’étaient son frère John et sa sœur Marguerite qui arrivaient de Scotsbrig et lui apportaient une lettre de Gœthe. Il les fit entrer dans la maison et lut seul, sans bouger, la grande feuille « pure et blanche » dont le contenu - était « plus pur encore », Gette lettre était « comme un silen- cieux indice de l’Éternité » : il convenait de la lire en un tel lieu -et en un tel moment. Gœthe s’y montrait particulièrement affec- tueux. « Si vous entendiez un écho, disait-il (4), chaque fois que

nous pensons à vous ou que nous parlons de vous, vous l’enten-.

driez souvent et vous prêteriez volontiers l'oreille à ‘cette voix

amie, au coin de votre foyer hospitalier, à l’heure où vous êtes .

bloqué par la neige entre les rocs et les prairies... Je viens vous présenter une requête, j’ai coutume de l’adresser à mes amis lointains, vous voudrez bien Vaccueillir avec indulgence.

Je n’aime pas, quand je vais leur rendre une visite par la

pensée, laisser mon imagination errer à l’aventure; je leur demande donc un dessin, une esquisse de leur appartement et de leurs environs. Voici la prière que je vous adresse. Tant que vous habitiez Édimbourg, je ne me suis pas hasardé à aller vous voir, car comment eussé-je pu espérer vous trouver dans cette ville enchevêtrée, dont j’ai vu souvent les reproduc-

(1) Trad. A. Fanra; Lettres de Gœthe, Hachette 1913.

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