DA, GOTHE ET L'OPINION ANGLAISE
ou Aude: Bit, qui le quitta en 18%6 p pour prendre la direction de la Quarterly Review, continua à défendre Gœthe, à
2 Sn à nouveau. poste. Enfin W. Maginn, qui créa en 1830 le ne ne
sers Magazine, y offrit aux essais de Carlyle et à ses traductions du Conte et de la Nouvelle une hospitahté empressée. Parmi és souscripteurs du cachet envoyé à Gœthe, se trouvaient, à côté des poètes (1), les représentants des revues : W. Fraser, ; sde: de la Foreign Review, W. Maginn et D. Héraud, éditeurs du Frasers Magazine (2), Jerdan, éditeur de la Literar y Gazelte, J. Wilson, éditeur du Blackivood’s Magaz îne, J. G. Lockhart, éditeur de la Quarterly Review. Leur lettre de félicitations est significative; ils y expriment, par la plume de Carlyle, leur gratitude envers « leur maître spirituel »: On retrouve encore l'influence de Garlyle dans l’article élogieux pour Gœthe pute en 1832 par le Tait's Edinbur ui M ue zine.
2 Se k %
‘ De Quincey est à la fois un esprit très ouvert et très étroit. Il n’a jamais pu se dégager de certaines conventions, des pré- . jugés de confession ou de parti. Tout l’intéresse, mais sa pensée très tôt fixée ne change plus. Il enrichit ses connaissances, il n’élargit pas son oo Il en veut à Gœthe dé heurter de front la morale et de ne pas composer un roman. Il ne cherche - pas à le pénétrer, comme Carlyle; il ne fait pas un pas vers lui. Installé dans son dogmatisme, il le contemple de loin et de haut. Carlyle trouvait chez Gœthe une réponse, un écho; dans ce qu'il écrivait sur lui, il y avait toujours la vérité d’une expérience intime. De Quincey reste un critique de profession, il cite Gœthe à son bureau, il l’examine sans bouger de son fauteuil, au-dessus de ses livres familiers. Il ne se pose pas de questions, il lui en pose; il ne lui demande pas son point de vue, il le juge du sien. La vérité lui échappe, sa critique est mordante autant Er dédaigneuse, elle reste superficielle.
4) Voir p 147.
Gi ÉTÉ savait très bien oénand et fit connaître en | Angleterre la g RPRIPESRME de Schelling. W. Fraser avait vu Gœthe à Weimar, en 4827,
PNY Mme | GOŒTHE EN ANGLETERRE
Il donnee bien l’allemand. A Oxford, il Tes ‘étudié avec un « tuteur » saxon, et dès 1813, il lisait dans le texte les philosophes 1 kantiens. En 1821, il fit paraître dans Je London 2 Magazine son article sur Jean Paul; en 1823, suivit son essai sur Herder. La traduction de Wilhelm Meister pe un De 2) voqua sa première critique de Gœthe. AN
Il se pose bravement en idoloclaste. Il parcourt Fa se « la galerie des portraits de femmes : Marianne, Philine, + . Mme Mélina, etc., des actrices qui ont toutes un gage d'amour
sous le sein (!) »; la comtesse est une « âme pure » quise jette
dans les bras d’un « comédien ambulant »; Thérèse, une « amazone fermière », qui raconte à tout Kensul les frasques de sa mère. etc. ne noûs passons aux « affaires de cœur de È PEL à Meister » et De Quincey ridiculise cet inconstant qui aime,
tour à tour et même à la fois, toutes les héroïnes du roman. Il s'amuse à compter les maîtresses de Serlo (six au moins) ét comme Philine, qui figure sur la liste, invite Wilhelm à lui! faire la cour sans pour cela négliger Aurélie, il perd pied dans le tourbillon de cette vertigineuse chasse à l’amour. « Quel commentaire pratique à la théorie des combinaisons! » Les épisodes du roman deviennent sous sa plume les scènes équivoques d’une farce. Le suicide en trois temps du joueur de harpe excite surtout ses railleries. Record, sinon du courage, du moins de la longueur !.. |
Le ton de sa critique est ch du mépris. Nulle a dans le. roman, De Quincey ne voit ou ne cherche une pensée ; il ne se donne aucune peine pour suivre l’évolution du héros. Au lieu des sages préceptes qu'y découvre Carlyle, il s’obstine à n'y trouver qu’une histoire fastidieuse, des mannequins ridicules, des épisodes indécents. Mignon ne le touche pas parce qu’elle est « fille d’un inceste ». Il conclut à la dangereuse immortalité
du livre. Des écrivains comme Gtœthe devraient êtremis aubande
la nation. À eux s’applique la parole de Cicéron : Quod non solum vilia concipiunt, sed ea infundunt in civitatem : neque solum obsunt quia ipsicorrumpuntur, sed quia CRUE plus que exemplo quam peccalo nocent.
En 1826, J. Wilson pria De Quincéy de collaborer au Black-