‹ Goethe en AngleterreChapitre 53 sur 93 · GOŒTHE ET L'OPINION ANGLAISE. AT · texte numérisé non relu

GOŒTHE ET L'OPINION ANGLAISE. AT

: Does ne et le « mangeur d’opium » y commença une série d’études sur les. prosateurs allemands. Son essai critique sur

ee Lessing et ses Derniers Jours d'Emmanuel Kant parurent en 4827.

… C'est à cette époque que Carlyle le rencontra à Édimbourg. Loin de lui garder rançune, il se rapprocha de lui. Il appréciait : sa culture germanique, et si tous deux différaient d'opinion sur Gœthe, ils avaient en commun une profonde admiration pour la philosophie allemande, Carlyle l’invita en 1828 à venir

| passer. quelque temps à Craigenputtock. Pourquoi n’y formeraient-ils pas, -écrit-il en DA à côté de l’école des, lacs, une école des hauts plateaux ? © RE 4% Macvey Napier avait entrepris une septième édition de l'Ency- — <lopédie britannique. 1 demanda à De Quincey les articles sur - Schiller et sur Gœthe. Ce dernier essai (1837) n’est guère qu’une

. biographie anecdotique, construite sur Poésie et Vérité et sur les Caractéristiques de Gœthe de Sarah Austin. Bien qu'il soit plus cour- tois, il révèle la même attitude d'esprit que l'essai sur Wilhelm A. AE CE Quincey reste « le critique » : il déduit et conclut en toute liberté. Certains événements de Poésie et Vérité lui sug- -8èrent des réflexions qui attestent à la fois son ingéniosité et. son ignorance. À propos du couronnement impérial à Franc-

= fort. il soupçonne Gœthe de mépriser ces pompes surannées, de ds; juger en ami de la Révolution, mais de déguiser ses senti. ments sous l'apparence loyaliste d’un courtisan. Partout De Quincey ne saisit que le détail, Pépisode. L’évolution de Gæthe, : le développement de sa personnalité, l'enrichissement de son “expérience, ce qui est important lui échappe.

Il consacre quelques pages aux œuvres de Gœthe. Il laisse de côté les Lieds et passe en revue les romans et les pièces de théâtre. Il fait amende honorable à Car:yle : « Wilhelm Meister tomba aux mains d’un traducteur, qualifié par son génie ori- ginal pour sympathiser, même à l'excès, avec tous les mérites réels de cet ouvrage. » Mais son opinion dernière, tout en “étant exprimée moins durement, est restée la même que jadis :

« Ce roman est dans son essence et dans son but suffisamment - obscur, et les commentaires qui ont été écrits sur lui par les Humboldt et les Soeet rendent l'énigme plus énigmatique

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198 À GORTHE EN ANGLETERRE.

encore. » b'éuire Date « nous ne désirons pas offenser les admi- mi rateurs de Gœthe, mais la simplicité de la vérité ne nous, permet pas de cacher... que Wilhelm Meister est en guerre

ouverte, non seulement avec le décorum et le bon goût, mais

avec la pureté morale et la dignité de la nature humaine.

Parmi les‘drames, Be Quincey cite Zphigénie, Clavigo, Egmont, s. Fe

Tasse, la Fille naturelle, et il leur consacre quelques vagues et.

brèves critiques, qui en dénotent une connaissance très indirecte. De Faust, « ce poème indéchiffrable », il préfère ne rien dire. Hermann et Dorothée lui paraît par contre un chef- d'œuvre: Gœthe aurait dû toujours se borner à la peinture du réel et, de

la vie domestique (!). Quant à l’homme, il lui concède une | belle santé morale, un heureux équilibre, mais il ajoute aussi-

tôt après qu’il eût été impuissant devant le malheur : « Une prospérité ensoleillée était essentielle à sa nature. » Il n’était pas religieux, iln’élevait pas ses regards vers Dieu avec l'intérêt passionné d’un croyant, mais «avec l'intérêt d’un curieux ». Grand admirateur de Jean-Paul et de Schiller, De Quincey cherche à expliquer, en terminant, l’immense renommée de Gœthe qui éclipsa leur gloire. A cette réputation il ne voit que trois causes :

sa longue vieillesse qui fit de lui le patriarche de la littérature,

son Fane social, et surtout « la quantité de passages énigmatiques et inintelligibles qu’il a jetés, à dessein, dans ses dernières œuvres, pour entretenir un système de discussion et de polémique sur sa propre pensée 5. Ve €

Telle est l'appréciation définitive de T. De Quincey. SéR ton est changé, par délicatesse envers Carlyle; son jugement reste.

-à peu près le même qu'autrefois. S'il ne reproduit pas le

pamphlet de 1824 dans ses Œuvres complètes, il avoue encore en 1841 : « J’ai été très sévère pour l’auteur, mais à peine Au qu’il le méritait. Ù

Quand John Sterling devint l’ami de Carlyle, il ne connaissait guère que les théologiens allemands, les Schleiermacher et. les Tholuck, et il ignorait, ou à peu près, les princes de la littérature, Schiller, Jean-Paul et Gœthe. Celui-ci lui paraissait | un égoïste froid et brillant. Au moment où sa santé fragile

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