‹ Goethe en AngleterreChapitre 56 sur 93 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

à 7 :2\ RD « LS , - | Avec les Caractéristiques de Sarah Austin s'ouvre toute une.

- série d’études biographiques. Les ii allémandes piquent la curiosité.

On croît connaître Gœthe penseur, on veut des détails sur

à homme. En 1835, l’Athenœum signale et apprécie la Correspon-

dance de Gœthe avec Zelter; en 4836, la Foreign Quarterly Review

défend Gaœthe contre les attaques de Menzel; J. S. Blackie, pro-

fesseur à l'Université d’Edimbourg (1), reproche aussi à Bettina d’Arnim d’avoir tourné en ridicule, dans la Correspondance de-

Gœthe avec une enfant, « le grand sage de Weimar ». La même

: année, le Dublin University Magazine fait l'éloge de Sarah Austin

et cherche, comme Carlyle, dans les Années de voyage, « la grande révélation du poète ». Les volumes de Bettina, traduits en -

anglais par elle-même, paraissent en 1837, et J. S. Blackie, dans

la Foreign Quarterly Review, leur opposé les Conversations avec: Eckermann imprégnées de « solide et substantielle humanité »

(4) C£. 3° partie, ch. ur.

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Dès 1839, le Blackwood’s Magazine commence publication de Poésie et Vérité de J. Sterling. La Correspondance de Gœthe et de Schiller,: traduite par YAméricain G. H. Calvert, est éditée à. New-York et à Londres en. 1843. J. Oxenford, critique dramatique du Times, ‘publie en 1848 l’autobiographie de Giethe ce en 1850 les Entretiens avec Eckermann et Soret.

. … Les essais de Carlyle sont ainsi complétés par la be de Sarah Austin, les articles biographiques, les traductions des Mémoires ou de la Correspondance. Les voies sont préparées à G. H. Léwes. Ce qu’on cherche dans la vie de Gœthe, c’est We 2: exemple de sa sagesse et le précepte de son expérience. Avant -Carlyle, Gœthe était considéré comme un auteur dangereux ét 8 ün caractère immoral. Maintenant on le défend, on le justifie, l'écrivain aussi bien que l’homme. L’Athenœum parle de sa

« mûre sagesse »,. de sa « vaste expérience », de sa « grande idée du devoir » qui lé soutint jusqu’à la fin. La Foreign Quarterly prétend, contre Menzel, qu'il n’était pas égoïste et qu'il ne | manquait pas d'enthousiasme. Gœthe est sacré grand homme,

à la fois dans son œuvre et dans sa vie. On commence à lPapprécier pour sa pensée, non encore pour son art. Les œuvres

. qui font impression, ce sont surtout les Mémoires et la Corres-'

pondance, c’est Wilhelm Meister et c’est Faust. On ne se préoccupe pas des poésies lyriques, des drames comme Zphigénie ou Egmont. Gœthe artiste reste inconnu; le révéler sera la tâche de Lewes. IL à déjà publié, dans la British and Foreign Review (1843) (1), un article tout à fait remarquable sur le caractère et le génie de Gœthe, le meilleur sans aucun doute qui ait paru depuis les essais de Carlyle. En tout cas, les vieilles résistances commencent à tomber. Carlyle est presque victorieux et John Sterling à raison de conclure dans la Westminster Review, en 1840 : « Avant lui, les sauterelles criaient pour ou contre le barde étranger, Bos locutus est. » 11 a rempli la vallée de son mugissement, et les montagnes lui en ont renvoyé l’écho.

(4) L'année suivante, la Le and Foreign Review devient la Bestsh 2 Quarterly Review.

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CES ce WILHELM MEISTER. » ET LES JEUNES ROMANCIERS M Tir (ARS A8)

- L'abaudon du roman historique etle retour au roman philosophique et so-

cial: — E.Bulwer-Lytton. Le werthérisme de Fatkland (1826). L'influence

de Wilhelm Meister; l’idée du roman « métaphysique », le thème de - * l'apprentissage humain et de l'éducation par l’expérience. Les fluctua- __ tions de l’idée et les premières réalisations : Pelham (1828). Le Deshérité (1829). Paul Clifford (1830). Godolphin (1833). Les romans caractéristiques : Ernest Maltravers (1837) et Alice, ou les mystères de la vie (1838). — B. Disraeli. Vivian Grey (1827). Le roman autobiographique et la notion d'expérience. Contarini Fleming (1832) : le développement du poète; du rêve à l’action. — W. M. Thackeray. Les allusions à Gœthe

dans la Fire aux Vanités eo et dans Pendennis (1850). La ballade

comique de W?rther. — L'absolue indépendance de Dickens.

à + < Itis like a quiet stream that car- - A EN ' ries gold with it, the stream passes away insensibly, but the gold remains to tell where it has been. >» (E. BuL- WER, « À propos de Wilhelm Meister». New Monthly Magazine, 1832.)

Le roman anglais a toujours un caractère plus ou moins didactique. Là où il est réaliste, il est encore dominé par la préoccupation morale ou sociale. En même temps qu’il étreint . la vie, il s’assujettit à en extraire un suc. Les faits qu’observent ‘un Richardson et un Dickens sont différents, différentes les époques, différents les milieux, différents les préceptes, mais - la méthode reste à peu près la même. Un évangile succède à un autre, et c’est tout. A la fin du dix-huitième siècle, la prédication morale ou féministe se mêle aux effusions lyriques. Les poétesses que nous avons vu pleurer sur le tombeau de ” Werther font cause commune avec les romancières qui revendiquent Les « droits de la femme » et s’inspirent des doctrines de Godwin. Charlotte Smith devient aussi révolutionnaire

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nn Inchbald, et Thomas Holeroft qui tre. a 5 Fe

et Dorothée, dresse dans son roman : : Anne Saint- Yves, le pro-

gramme de leur sentimental ner Sans doute entre les

récits d’un Richardson ou d’un Godwin et le roman social d'un Dickens, il y a une solution de continuité. Avec Anne Radcliffe et Monk Lewis est née « l’école de Le terreur ». À la suite de

Gœtz de Berlichingen, le chevalier à la main de fer, Walter :

Scott a entraîné ses lecteurs dans un étincelant passé. Le roman

historique éloigne l’écrivain de la vie contemporaine, et peu

lui importe l'enrichissement d’une expérience. Mais voici que Wilhelm Meister vient à son tour barrer la route à Gætz. Si le. roman de Gœthe ne fait aucune impression sur le grand pe

il ne laisse pas indifférents les jeunes littérateurs, Edward Bul-

wer Lytton, Benjamin Disraeli, W. M. Thackeray. En attendant que se renoue la tradition du roman social, il éveille le roman ns

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