L'HOMMAGE DU ROMANTISME
?■ Goethe, adopté par le romantisme fronçais, a été interprété par lui plut'M qu'inlignilemenL compris. Lui-même, de son crtlé, sjmpalhiqiie à cette lutte pour l'émancipation que It\rail la littérature française, répugnait à bien des outrances où se plurent tant de jeunes lièvres : il a toujours préféré la sagesse des doctrinaires du Glohe, la mesure d'un romantique de demi-sang comme Mérimée aux Iraculences des plus avancés, et môme à la fécondité débordante et à la frénétique imagination du Victor Hugo de i830. Mois, s'il n'y eut Jamais, au fond, complète identité de vues entre le credo artistique de Goethe et l'évangile romantique, il y avait eu cependant une alliance de fait. Les noms de fïo'-lz et de Faust avaient été trop souvent inscrits sur les étendards des novateurs, leurs adversaires avaient trop nettement rangé le poète allemand parmi les partisans étrangers d'une doctrine détestée, et son œuvre avait fourni trop d'arguments offensifs, pour que le renom de Goethe en l-'rance ne fOt point lié au succès de l'Kcole. Bien souvent, au cours des hostilités
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mêmes, les comballsnts s'élaienl retournés vers Weimar, pour saluer le vieux poêle qui tfuivaittJe son œil infatigable . le mouvement littéraire du pays voisin: et lS3tl marque ra, eo ni(^me temps que le Iriomphe du romantisme français, l'apotliéose <]u grand ccrivaiti allemand.
Tl semblait encore nécessaire , eu ISiâ, d'appeler en. témoignage un autre poj-te étranger, pour justifier celte épithète de grand accordée k Goethe. • Cn journaliste à qui la littérature allemande est étrangère, écrivait le Moniteur ujiicersel du 22 oclobre, a trouvé fort mauvais que le biographe de Goethe l'eût placé au rang des plus beaux génies : à lui permis. Nous nous bornerons à en appeler à l'opinion de l'Europe lettrée, et à citer, en faveur du biographe, l'autorité d'un poêle à qui l'on accorde quelque esprit et quelque talent. Toutes les fois que lord Byron parlait de l'auteur de H'crther et de Faust, il ne l'appelait que le grand Goethe {ihe great Goethe). >> '< Cette lenteur avec laquelle la renommée de Goethe s'est répandue parmi nous, écrit quelques mois plus tard Ampère dans le Glùhe, tient en grande partie à la qualité la plus éminente de son génie, l'originalité.... Goethe est toujours si différent des autres et de lui-même, on sait si peu où le prendre, on devine si peu où il va... que l'on a besoin, pour le goûter tout entier, de n'avoir pas plus que lui de préjugés littéraires.... '>
Un an après la publication de l'article où Ampère expli- I quait ainsi, par des raisons intérieures, la lente dilTusion du renom de Goethe, il était lui-même l'hôte du grand ' homme. Victor Cousin avant lui, — et le premier de la ' nouvelle génération littéraire, — avait visité Goethe à Weî- I mar, et renoué ainsi une tradition que des diplomates de I passage ou des voyageurs sans qualité particulièrement i intellectuelle n'avaient qu'à demi continuée, depuis les ■ visites déjà lointaines de Mme de Staël et de Benjamia
L HOMMAGE DU ROMANTISMK. i5S
Constant. Mais les séjours de Cousin à W'eimar, en 1817 et en 18:23, avaient élé rapides et brefs, sans vraie sympathie de part et d'autre. Am^re, au contraire, apportait à Weimar, oii il rc sLaju^ W avril au 13 mai 1^7 environ, une ferveur désintéressée el un peu naïve. Mieux encore que son ami Albert Stapfer qui l'accompag^nait, il était admirablement préparé à jouer auprès de Coellie lo rftle d'informateur : Sainte-Beuve le remarque avec raison, il était, de loule cette génération, le plus qualifié pour renseigner son bute sur le mouvement philosophique et littéraire qui se poursuivait à Paris. Il le fit avec une grûcc juvénile el une abondanL'e primesaulière dont Goethe fut élonné cl ravi; il s'alLendail à rencontrer un homme inclinanl vers l'âge moyen, et fut surpris de voir entrer « un tout jeune homme dans la vivacité et la fleur du premier épanouissement »,
Eckcrmann a lixé le souvenir de la favorable impression produite sur (ïoelhe par la causerie cl l'agrément d'Ajinpèrgj. renseignant le poule allemand sur Mérimée, sur Vigny et sur d'autres écrivains actuels. Quant au jeune Français, un peu de vanité aidant, il fui sous le charme dès le premier jour. « Cher père, écril-il le 52 avril à André- Marie Ampère, j'ai vu Goethe, qui m'a reçu à bras ouverts.... J'ai trouvé le grand homme très bon, très simple, très bien portant et très aimalile. « Et le même jour, à Mme Itécamier : » C'est le plus simple et le plus aimable des hommes. Je m'attendais à quelque raideur, à des habitudes d'idole, qui seraient excusables : pas l'ombre de cela..., »
Excuser des « habitudes d'idole ■> en s'adressant à l'amie do Chaleaubriand, n'y a-l-il pas lô une sorle de délicatesse ad hominem'! C'est à Mme Hécamier encore qu'Ampère envoyait une longue lettre qui parut dans le Gtiibe du 22 mai, au grand déplaisir de son auteur. « ,.,ll^,£stiti-plus intéressant et le plus aimable dos hommes. Il a une conscience naïve de sa gloire qui ne peut déplaire, parce qu'il
(;OETHE EX FRANCE.
est occupé de tous les autres talents, el si TÉrilablemeat J sensible à tout ce qai se fait de bon, partout e( dans tous I les genres. A genoux derant Molière et La Fontaine, tl 1 admire Alhatie, ffoûl<f B-h^'niee, sait par cœur les chansons \ de Béranger, et raconte parfaitement nos plus noureaus | vaudevilles.... »
La publication de cette lettre ayant paru, dans l'entoarage de Goethe, une indiscrétion fâcheuse, Amptîre pro- 1 leala de Berlin, le 5 juillet, contre la publicité donnée i | une lettre privée par le Oliihe et par les journaux qui le I citèrent : mais il profita de l'occasion pour compléter son j involontaire reportage. « Puisque j'ai eu le l>onheur de J diriger dans ce moment l'attention de vos lecteurs du côté J de Weimar, permettez-moi He chercher à la satisfaire un peu davantage, en ajoutant quelques mots sur co point si intéressant de TAllemagne el sur le grand poêle qui l'habite. ■ Et, après avoir rapidement fait le tableau du milieu de Weimar, Ampère revenait à Goethe et à « la faculté qui le caractérise d'embrasser tout, de s'intéresser à tout, qui donne tant de charme et tant de prix à sa conversation. On est pénétrt^ d'attendrissement, en trouvant tant de jeunesse d'ame el tant de candeur d'admiration unies à tant d'Sge et de gloire. Ponr moi, je n'oublierai jamais ces familiers épanchements entremêlés de traits piquants ou profonds, ce regard si clair d'oti s'échappait par moments un feu extraordinaire, et ce sourire de bonté supérieure sur ses lèvres bienveillantes el inspirées,
« Je n'oublierai jamais, surtout, le jour oii je lui ai dit adieu. Il était dans une petite villa qui touche nu parc du grand-duc,... il me montrait les grands arbres qui s'élevaient au-dessus de nos tètes. « On est bien hardi de plann ter un arbre ■■, disait-il en souriant. Tout à coup Goethe se leva comme pouréviter le commencement d'une impression triste; et comme je m'approchais pour le saluer, il
L llilMMAdE lH" RdMANTlSME. 157
m'embrassa, cl me donoa un livre en .souveoir de lui. Je m'éloignai rapidement, le CŒur plein d'une cmolion difficile à décrire.... »
Plus lar<l encore, dans des Etqvittes du Nord publiées par la Jtfoue de J'arit, Ampère reviendra sur ce tableau : ■ Le palriarche dans toute la verdeur de sa vigoureuse vieillesse, plein de chaleur, de gi-àcc, de bonté... ". Image aimable, pareille à celle que les émigrés de Hamboui^ avaient rapportée du vénérable Klopstock, et qui va sans doulc incliner dans un sens nou^'eau l'idée que les romantiques ee font du poète de Weiraar.
En 182*7, quelques mois après la visite d'Ampère i Weimar, voici un autre « jeune " qui médite d'aller faire le même pèlerinage. Edgar Qjy^t, sur le conseil de V. Cousin, a envoyé à Goethe sa traduction de la Philotophie de l'histoire de rhunianiu- de Herder; Goellie lui a fait dire - qu'il lisait avec jouissante en français un li^TC qu'il a vu nattre, il y a quarante ans, en allemaud ». Quinet, occupé à l'impression de son Essai sur Herder, songe à une démarche plus directe encore, ■ Je vous confierai, écrit-il à sa mère le tït octobre 18^7, quaussiliM la dernière page imprimée, je me propose d'aller le porter moi-même à Goethe. Son Age avancé, les froids qui vont arriver, me décident à ne pas différer. Goethe a soixante-dix-huit ans. Qui sait s'il vivra? " Ce voyage ne put avoir lieu; Quiuet, dît-on, l'a regretté toute sa vie.
Le grand vieillard qui avait reçu Ampère avait perdu de &8 vivacité et de son entrain lorsque Saint-Marc Girardin lui lit viiiite k son tour. « J'ai vu Goethe à Weimar, dit-il en 1830 dans son étude Ùe la Ulli'ralure allemande et de Goftke. Quand je visitais Goethe, quand je voyais ce front encore majestueu.x, mais qui semblait fatigué de penser, ces yeux qui commençaient à pAlir, cette bouche qui n'avait plus ni sa vivacité ni son expression première , et
GOETBE EN FRANCE.
quand, sorlant de l'entretien de 1 ougustc vieillard, je par^ courais cette ville de Weitnar, si brillante autrefois el s animée, triste aujourd'hui,... je ne pouvais me diTendre d croire qu'il y avait entre Goethe et Weimar je ne sais quet] rapport mysti^rieux.... ■> Kt l'orateur — car c'est là uoj extrait d'un discours prononcé h la Faculté des Lettres dea Paris — prévoyait que « la liltérature allemande, telle quel Goethe l'a faite, quand Goethe s'éteindra, descendra avec^J lui au tombeau.... »
Avant celle mgrljjui devait, à deux an^jlc là, éteindre à,| jamais le regard de ces yeux " qui commençaient à pillîr l'art français rendit à son tour hommage au poêle de^i Weimar. " Vous connaissez mon culle |)our les grands J hommes, écrit David d'Angers, le '±1 juillet 18^, à son J ami Louis Pavie; il en est un dont je veux étudier et| contempler les traits : c'est Goethe. Dans peu de jours j'espère élre auprès de lui. ■■ Muni de lettres d'Ampère et I de Gousin, accompagné de Victor Pavie, D avid se mil eg . roulepour Wejmar, où il arriva le 18 août. Le souvenir dft J l'accueil hautain que lui avait fait Walter Scott l'année précédente, quelque hésitation de la part de « Son Excellence » découragèrent d'abord le sculpteur. Son compagnon a retracé les souvenirs de ce voyage, la nervosité de l'artiste désespérant d'être reçu, puis la présentation, el les quinze jours de travail dans la sereine atmosphère qui émanait de Goellie. " Le nubXe vjçijlard, écrivent les Débats, le 2 janvier 1830, d'après let; impressions de David, habite une maison de simple apparence au dehors, toute remplie au dedans de livres et de chefs-d'œuvre.,.. Chet Goethe, tout est sujet à poésie, tableaux, statues, histoire, plantes, musique; auprès de Goelhe la poésie est une seconde nature qu'il faut ù loulc force revêtir. "
Le grand poète apparaissait â David comme un habitanl d'une région supérieure, et leHigie qu'il s'apprêtait à mo-
L ROMMAGE DU HOMANTISME- 159
deler, pour être à la hauleiir de soQ héros, devait avoir le caractère d'une apoihéose. On sait que Tarlisle, poussant à l'exlrême l'inlerprélation des caractères Individuels, exagérait dans un sens déterminé le Irait physionomique qui blail le plus représentatif : il donna è son buste, rois Tois grand comme nature, un Iront démesuré, u J'aucu à ma disposition, a dL^claré David, toute l'argile d'une montagne, du mont Olympe ou du mont Athos, que trouvé moyen de l'employer, rien qu'en reproduisant cette souveraine image.... a Le vrai Goethe, le IJoelhe attentif et » intuitif », tenait presque tout entier dans ses yeu.'i, ses grands yeux bruns pleins de lumière, et dans la pénétrante interrogation de son beau regard; mais il est curieux de voir le sculpteur de 1830 interpréter son modèle dans le sens de l'inlelligence absolue, de la compréhension si large et si vaste qu'elle développe le cerveau et le crâne jusqu'à l'encéphalite, b Je vous envoie cette faible image de vos traits,écrivil David en adressant à (joethe son buste, non comme un présent digne de vous, mais comme le témoignage d'un CŒur qui sait mieux éprouver des sentiments que les exprimer.... Vous êtes In grande figure poétique de notre époque; une statue vous est duc : j'ai essayé d'en faire un fragment; un génie digne de vous l'achèvera.... n
Le voyage de David contribua à resserrer les liens.de j-j sympathie qui unissaient au poète notre jeune littérature. JJ ^ Dans le Feuilleton des Affiches iVAngers. Pavie consacra, le i8 octobre, un article et une ode à ce pèlerinage. Sainte- Beuve a raconté qu'il avait soupe à accompagner, lui aussi, David à Weimar. " Mais, ajoute-l-il. j'étais amoureux alors, et cela m'a retenu à Paris. Maintenant l'amour a passé, et je n'ai pas vu Oocthe.... " David avait offert à tloethe des médaillons de Victor Hugo, de Cousin, de Delacroix. DéjÂ, en janvier 182";, le peintre fiérard lui faisait hommage d'une gravure acocmpagnée d'une Hatteuse dédicace. De
GOETHE EN PUANCE.
ChateaugiroD, IraduisaDt Vtiitioire du soulèvement des Payt-i Bas (le Schiller, dédiait sa IraducUon « au meilleur ami dej SchiUef, à Goethe s. Alexandre de Humboldt, de séjour éJ Paris, était chargé de messages de déférence: Mme deJ Duras, malade à la mort, envoyait à l'auteur de Iler/Aer,] UD exemplaire de luxe de son fameux roman d'Ouri « Quelques lignes de votre main, écrivait Humboldt le 36 mars IS37, feraient à la malade une bien grande joie. ■ Et après avoir transmis un témoignage semblable de la j part de Mme Atnable Tasiu, Humboldt ajoutait : « Les pré- | sents que j'ai ap{>ortés pour Salvandy et Mérimée ont éveillé 1 ici des convoitises (iévreuses, » La Gtizla de Mérimée, le | Fauil de Gérard de Nerval, envoyés par leurs auteura, retrouvaient dans la bibliothèque de Woimar la traduction j Stapfcr ou des recueils de communications scientifiques et 1 d'éloges académiques adressés à Goelbe par Cuvier. Des épigraphes empruntées à Goethe ornaient des poésies.
La musique, enfin, n'était pas en reste. Le 10 avril 18*9, ' Hector Berlioz expédiait à l'auteur de Faust deux exemplaires de la partition inspirée par cet » étonnant ouvragi Quelque indigne qu'elle soit de vous *lre présentée, je i prends aujourd'hui la liberté de vous en faire hommage... Dans l'atmosphère de gloire où vous vivez, si des sulTrages i obscurs ne peuvent vous toucher, du moins j'espère que j vous pardonnerez à un jeune compositeur qui, le oo gonllé et l'imagiuation enflammée par votre génie, n'a pu I retenir un cri d'admiration. ■> Ainsi concluait la lettre qui I annonçait cet envoi. Emile Deschamps, dans la Préface de 1 ses Etudes françaises et étrangères, bien qu'il invoque sui^ -J tout Shakspeare et Schiller pour les besoins de la polé- I mique, trouve dans le prestige de Goethe une sanction très j noble de ses revendications. « Qu'on ne dise pas que d^ un siècle comme le nOtre, où les sciences politiques et les ^ études philosophiques sont portées à un si haut degré de
L'LOMMALiE til! ROMANTISME. 16\
perfection, les poètes ne peuvent plus acriuérir la prépondérance qu'ils avaient dans les dges moins éelairL^s: les bauleti renommées de (ioetlie au milieu de la philosophique Allemagae, et de Byron dans le pays natal de la politique, sont là pour démentir ce préjugé trop répandu. » En 1 83U,j;râce à David . c'esl comme une manifestation collective qui réjouit le vieillard attentif et oliarn;é. Une caisse est arrivée de Paris; el, comme tout se fail ici avec méthode, on la déballe progressivement." Au dessert, écrit Eckennann le 7 mars, Goethe ouvrit un des paquets. C'étaient les poésies d'Emile be»champs, accompagnées d'une lettre que Goethe me fit lire. J'y pus voir quelle influence on attribue à Goethe sur la renaissance de la lilléralure française, et à quel point les jeunes poètes le respectent et l'aiment comme un supérieur intellectuel. " El, le li mars : '< Goethe m'a fait voir tous les trésors, classés  présent, que contenait la caisse de David dont le déballage l'occupait il y a quelques jours. Les médaillons de pldlre, représentant les profils des jeunes poètes les plus distingués de France, étaient rangés en bon ordre sur les tables.... Il me montra aussi un grand nombre d'ouvrages récents qui, par l'calremisc de David, lui étaient offerts comme dons d'auteur par tes talents les plus éminenls de l'école romantique. Je vis des œuvres de Sainte-lîeuve, Ballanche, Victor Hugo, Balzac, Alfred de Vigny, Jules Janin el d'autres. « David, me ilit (ioethe, m'a procuré par « son envoi de quoi passer de bien agréables journées. Voilà B toute une semaine que ces jeunes poètes m'occupent et a que les vives impressions que je reijois d'eux me valent a comme un regain do vie. Je vais faire un catalogue spé- « cial de ces portraits et de ces livres qui me sont si cbers, " et les uns et les autres auront dans mes collections el " sur mes rayons une place particulière, t On voyait à l'altitude de Goethe, conclut Eckermanu, que cet hommage
162 GiiKTHE EN FRANCE.
des jeunes poêles français le ravissait au fond de l'âme..., » A peu près dans le mCme temps, et comme une fanTan saluant, après la victoire, un allié puissant qui avait sui^ la bataille, un poème intitulé Goethe paraissait dans lei Aniiajcs^cûmaaiigues de 4831),. L'auteur de ces vers éla Paul Fo uchcr , le bcaurXcète.^e V Ilugp.
• Ce nont loué de tous, tuints combat, sans envie. De quel lenips é la it-il celui qui l'a porté! Sans doute dès longtemps il est mort, que sa vie Ne voile plus de deuil son immortalité.
■ Pcul-élre il échan^enil aux sonnets de Pétrurijuc Des sonncls inimorlelS' d'un amour Tugîtir.
Milton lui munlrait-il le ciel el son monarqueT Danle lui monlrail-il l'enfer el son caplir...! •
Eh bien! non, ce grand homme, aîné de tous les Ages,
Adopté tout vivant par sa postérité,
Dans l'inlini des temps iloniinanl les nuages.
Et de son Tronl mortel perçant l'èteroité.
Il vit, c'est à Weimar. — Le voyageur qui passe En pressant sa main d'homme écoule un divin air : Faust, chant magicien, qui jette clan» l'espace L'fchelle de Jacob du ciel jusqu'à l'enrer.
Berlichingen, ouvrant sn acfcne de cenl lieues
Au drame séculaire, i\ son lu^roR géant:
Werllier sous son fron t lilond, sous ses prunelles bleues,
'Au secours de son vide appelant le néant.
Dans celle antique Egypte, à présent abattue, Qui sur le liaul d'un temple asseyait des cités, El dont l'homme tut tel, qu'aujourd'hui sa statue Sauve d'un ciel de feu cenl hommes abrilés;
Mœris, son roi, jetant au sein d'u Sur une pyramide une statue aus Dit : • Je veux, si la vie humaine Où je me suis laissé, me rctrou cr Ici. ■
Aussi grand dans les vœux, plus sûr dans tes ouvrages.
Face à tacc lu peux, ù Gnellie! en liberté
Te voir au grand miroir qui, durant tous les âges,
Va garder ton image à la postérité.
L'nnMMAUK DU IlOMANTISME. ISJ
O Shakspeare vivant! UoTae vîsiblct IIomËre de noB jours «(ui lombes eous les sens! Rayon, aux jeux gardé, d'un astre inaccessible. Son. dans le coeur Hxé. d'inâaisiesables chanlsï
Nos gloires h tes pieds naissent, luttent, s'écroulent; Pour leurs (lois exjilrants ton roc est un écueil. Ces va^ue^^ d'un Instant, ijui sur sa base roulent. Le rcadenl plus splcndlde cl plus luisant h l'o-'ll.
Il y a plus d'e nlhou siasme yue d'éloquence daas-ee dilhjTflUjbe- M ais il vient à so jtalc, cl il psL à sa place dans les Annales roman tiques d« 1832, L^ " grand Gocllic •> symbolise à ce moment, aux yetrf^de la jeune lilti^rature, la^ ' figure presque surhumaine de l'écrivain, lîyron garde son prestige de dandy satanlque. Chateaubriand porte un peu la peine de son attachement légitimiste. Mais, plus que Schillfr ou que W. Scott, Goeth e vivant et vénéré, sc ulptural l't noble, répond à la conception que tant d e rfive s aml ïïTiëux se f ont du poète triomphant^. Il contribue à élaborer cet idéal du .■ cyclopc littéraire « dont Sainte- Beuve dénoncera bientôt la rflcheure hantise. Blaze de Bury commence à " ne jurer que par Goethe » ; Th. Gautier écrit dans la première strophe de la pièce intitulée Di^d'tin, en 1H33 :
Une pitié me prend quand a pari moi je songe A cette ambition terrible qui nous ronge De Taire parmi tous reluire notre nom, lie ne voir s'élever par-dessus nous personne. D'avoir vivant encor le nimbe ella coun^nne, D'élre salui grand comme Goethe et liVron.
' El cette jeunesse frémissaQ Le envie ceux qui ooL pu contempler rOlympien face à face. Elle ne trouverait pas si absurde la curiosité de Melella, l'héroïne de George Sand, dans la nouvelle qui a ce nom pour litre. « Elle esl si avide d'entendre parler du vieux Eaust qu'elle voulait m'envoyer à Weimar tout exprès pour lui rapporter les dimensions exactes de son front. Heureusement pour moi, le grand
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homme est mort au moraenl oii j'allais me mettre « route.... «
Car celte existence prolongt'e au delà des bornes moyei^ nés d'une dL'slinée humaine trouve enfin son terme. Goethi meurt en I83i; et Auguste Barbier, errant parmi les n de Rome quand lui parvient la nouvelle de celte t associe le souvenir du poète illustre â celui de la Cité Rein< et tresse à ces deux grandeurs disparues une coi couronne funéraire dans son poème le Campo Vacciuo :
O GocIIip! grand vieillard 1 prinr:c de Germanie 1
Peiicliî.' sur itonie antique cl sim mâle K<^nic,
Je ne iiiiia m'einpëchcr, dans mon ehant ëploni,
A ce grand nom crouli.' d'unir ton nom sacre.
Tant ils onl touit les deux linul aonn6 dans l'espace.
Tant lia ont ou soleil tous deux Unu de place,
El dans les cceurs amia de In Tonne el des dieux
Imprimé pour toujours un sillon glorieux.
HÉlas! tongl^nips. du Tond de Ion sol froid et sombiv.
Sur l'univers entier ac pmclia la grande ombre ;
Longtemps, sublime temple â tous les dieux ouvert,
On enlendit tes mura clianler plus d'un concerl,
El l'on vit promener sur tes Hupcrbes dalles
Mille jeunes Ucaulés aux Tonnps idéalce.
Longtemps Lu fua le roi d'une nobli- cité
Que l'harmonie un jour bâtit à Ion côté,
El longtemps, quand le sort cul brisé ses porli'fues,
^ui rappelaient Alliène et les grâces anlic|nes.
Toi seul restant debout, û splendide vieillard!
Comme Atlas, lu portas le vaste ciel de t'arl.
Enlln toujours part' d'un glorieux hommage.
Il semblait loi-bas que tu n'avaia pas d'dge.
Jusqu'au jour où la Mort, te frappant à sou lour,
Fit crouler ton grand front comme une simple lour...
vieille Rome! ù Goethe li^ puissances du monde! Ainsi donc votre empire a passé comme l'onde, Comme un sable léger qui coule dans les doigts, Comme un souCfle dons l'air, cimmc un éclio des bois. Adieu, vastes débris! dans votre belle tombe Donncx, dormez en paix....
Paris, alleiiil par le cholf^ra, iMait en pleine rumeur d'inquiétude quand Goethe mourut. Diverses revues donnèrent, non sans (juelque retard, des arlietcs nécrolofjii^ues,
lii(immai;k ih: humantisme. lor.
soil originaux, soit traduits de l'allemand. Mais J. Janin pouvait écrire, dans son feuilleton des Di'bals du y avril : « Quand il est mort, le grand poète, entouré de la vénéralion de l'Europe, roi par le g^énie comme l'était Voltaire, roi d'une révolution poélique comme savent en faire quelques hommes à part tous les deux siècles,... il a fallu toutes les préoccupalions de ces quinze derniers jours pour que cette nouvelle ne retentit pas plus haut en Europe : " Goethe est mort! ■•
Mais on comprit — même en province, dans cette province ôù~B5rtîSz,'ver9 ce temps, s irritait d'entendre causer de ses dieux comme s'il s'agissait <> de quelque tailleur ou bol lier dont le talent s'écarleun peu de la ligne ordinaire >. , — on comprit qu'il y avait là un deuil qui ne devait, pas toucher que l'Allemagne. " Le plus.grand évéaemeul littéraire de l'Europe, depuis l'illustre Irépas de lord Bjron, écrivait la Revue pruoîncinle de Lyon, vient d'ôtre consommé. Goethe a lerminé à Weimar sa glorieuse et paisible vie.... ') A Paris, le Méplihlophêlis de Lesguiliun allait être représenté quand on appril, durant la dernière répétition, la mort de l'auteur de Fuiisl. La première représentation fut donc précédée d'un ■■ hommage aux mânes de Goethe « :
Lorsi[ut^ nouâ méditions ou. Ltié.llre, en silence, L'djuvre '|ii'à votre orriîL noua ofTrons aujourd'hui,
LTn cri de mort vers nous s'élance :
Goethe n'est plus! Goethe 1 celui Qui, depuis soixante ans, de victoire en victoire.
Promenant non front radieux, Toujours jeune et nouveau, se berçait dans la gloire
Comme le soleil dans les eieux.
Il est morll et les arts, en longs habits do deuil. Ont dit l'hymne pieux autour de son cercueil,...
Quel que soit le destin de ce drame nouveau, A l'espoir du succts si Tau leur s'abandonne.
Il voua demande une couronne
l*our la poser sur un tombeau.
Du moJQS Goelhe n'est-il pas du nombre des morls qu'os 1 oublie : el la débandade du romanlisme avait commeDcâl déjà que ce deuil paraissait encore lout récent à quet-| ques-uns : c'est en octobre 183fi que Musset énumérail, I dans une chronologie un peu incertaine, les noms des plu: glorieux disparus du siècle commencé, avant di? pleurer 1 la mort de la Malibran :
Ne sumi-il donc pas à Tange de lénèbres Qu'à peine de ce lemps il nous resle un ^and namT Que GéricauU. Cuvicr, Schiller, Goelhe et Byron Sitlenl endormis d'hier sous les dalles funèbres, Et que nous ayons vu tant d'autres morla célf^bres Dana l'abîme enlr'ouvert suivre Napoléon?
De même Amédée Pommier dans une Oraison funèbre do ] Cuvier :
FermanL sa puissante paupière, (Cuvier n rejoint dans la bière Sa grande gt^nération, Goethe, Schiller, Byron, Corinne, David, le peintre qui dessine, Talnia, Courier, plume divine, Cnnova, Scott, Napoli^on!
" Depuis la mort du ^ rand (ïoellie, disait V, Hugo dans I son "discours Je réception S l'Académie française, le | 3 juin 1841, la pensée allemande est rentrée dans l'ombre; f depuis la mort de Byron et de Waltcr Scott, la poésie 1 anglaise s'est éteinte... » El de Salvandy répliquait, taisant I allusion à 1' " empire » que la France a reçu de sa languel et de sa littérature : " Si elle le possède, ce n'est pas parce 1 que des grands hommes qu'elle honore et qu'elle regrette, ^ Lord Byron, WalLer Scott, Goethe, sont morts... »
Celte épilhèle de « grand i> que V. Hugo atlribuait, ce 1 jour-lj), à Goethe, on sait que, parmi les gloires germa-, niques, c'est, plutôt à Beethoven qu'il se piquera de lai réserver; et, un quart de siècle plus tard, à Guernesey, il I n'énumérera point Goelhe, jugé trop froid el trop. égoïste,
l'hommage m RUMANTlSMt:. 167
parmi « les souverainâ maîtres Je l'action etde la pensée «. Lamartine, de son cùlé, dans le '. Préambule " des Nouvelles Confidencet, ne cile pas l'auteur de Vévih' et Fiction parmi ceux « qui ont confié au monde les palpitations vraies de leur propre cœur ". Il avait cependant, suivant Blaze de Bury, l'intuition de la vraie grandeur du poète allemand; « il sentait là une puissance et rôdait autour, non sans une sorte d'hésitation sacrée, comme à l'abord d'un temple..,; d'instinct, il nommait Goethe » comme le plus magnifique représentant de l'Allemagne.
Quant à l'un des involontaires ancêtres du romantisme. Chateaubriand, bien qu'il tolérât, au sujet de Goethe, des i5toges qu'il n'aurait pas admis s'il se fût agi de Byron, il s'en tenait un peu trop à WerthT pour le juger équitablement. 11 évoque son souvenir et son nom, dans les Mémuirei d'OutTe-Tombe, à Rome, à Weimar, k Carlsbad, mais il déclare ne pas aimer « le poêle de la matière » ; (■ puissant génie n cependant, cl qui « laisse un vîde dans la procession des personnages célèbres qui ont défilé sous mes yeux ». Enfin, à l'autre bout du romantisme, Balzac, justifiant, dans une lettre k Mme Hanska du 1^ novembre 1838, le XIX' siècle du reproche de n'avoir produit qu'un homme. Napoléon, énumére les grandeurs les plus diverses, fran- (;aises et étrangères, cite l'inévitable duo de Byron et W. Scott, y ajoute mCmc Cooper. représente peut-être Goethe, avec d'autres, par Velc. qui suit, mais s'abstient de le nommer.
Aussi n'est-il point paradoxal de dire que, dans l'hommage rendu à Goethe par le romantisme français, la vojx des chefs a été la moins discernable. L'élan d'admiration et de reconnaissance de l'École n'en est que plus cerlai^n, venan t des lieutenants eLdes soldais. L'acclamation des capitaines peut être, en pareil cas, le cri isolé de ceux qui, marchant hors des rangs, voient mieux et plus loin que la
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troupe; mais c'est la rumeur de ceux (jui cheminent à let place daus les files qui révèle l'àme de l'armée. Mieux qu'a complimeat de Viclor Hugo, l'enthousiasme d'un Gaulin ou d'un Deschamps, celle aussi des romantiques non é vains, d'un Berlioz ou d'ua Di-lacroix. est signiticatif dei opinions du romantisme.
Mais au fond, nous lavons w,, la France de 18|0 i 1 iS^oTest méprise : ni les classiques, persuadés que l'auteur a JeJFatw/ était l'antagoniste de Racine, n i les roma n tique} invoquant Go^lz et FgmonI à Tappui de leurs thèses, oel ^ comprenaient la réelle signification artistique de celui gu'ilg I accablaienïtle leurs analhènies ou appelaient au secours de 1 leiïrs'â'uHâces. Ce qui élail en cause, c'était le principe de I la libert^^ de l'art: ce principe, les romantiques lentendaient , comme l'indépeudance absolue du génie, le bon plaisir de 1 l'arliste disposant à son gré de son sujet et de sa forme; le» | classiques le repoussaient en se réclamant de règles sanc- ! tionnécs à la fois par lalraditionel par le goût. Or, l'içs^i- [ ration de (îoethe est aussi éloignée du dogmatisme q ue de J la liberté relie admet une nécessité arlistique, mais liée* ; la nature mCme du sujet traité, la forme et l'expression , se trouvant déterminées, non par des rèijks immuables, ' antérieures et extérieures à l'œuvre, mais par des lois qui | tiennent à son essence même. Le romantisme n'a j[uè™ ' compris cela; ou, s'il l'a compris çà et là, l'élan des fougues i individuelles a vile dépassé et franchi ce qui restait limita malgré tout. V. Hugo se méprenait gravement en afHrmant I dans la Préface de Cromu-ell, qu'il avait l'habitude « de , changer de moule autant de fois que de composition *. L'exubérance d'une individualité débordante chez lui, l'ivresse de l'émancipation chez la plupart, ont soumis la ] matière littéraire à une nouvelle tyrannie, ô celle du mol J de l'écrivain. Et, par là, le romantisme se trouvait admirer < il fau.K l'auteur de Gnelz et li'Iphigénic, dont l'éclectisme
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lilléraire s'accordait mal, à le Lion prendre, avec l'intransigeance et l'arbilrairedes novateurs.
Leur imitation a été presq ue toute^dg auijaçe; ou plutôt ils ont J^tïngué. dans l'œuvre du poète allemand, les aspects les plus analogues à leurs propres ambitions, et, faisant abstraction du reste, ils ont revendiqué l'auteur comme un allié. Un de ceux qui, d'instinct et de tempérament, a le mieux aperçu ce que l'outrance des novateurs avait de tyraonique malgré tout, A lfred de ^usset, dont l'œuvre théâtrale, avec moins de grandeur et d'éclat, possède plus de souplesse et de variété que celle de ses émules romantiques, écrivait le 1" septembre 1833 : " Tous les centres possibles donnés à la pensée universelle, toutes les associations de l'esprit humain n'ont servi et ne servirontdetout temps qu'au troupeau servile des imitateurs. Lorsque les règles manquent, lorsque la foi s'éteint, loraque la langue d'un pays s'altère et se corrompt, c'est alors qu'un homme comme Goethe peut montrer ce qu'il vaut, et créer tout à la fois le moujg,L;i rnafiiTi^ pI la modèle. Mais si la carrière est mesurée, le but marqué, l'ornière faite, les plus lourds chevaux de carrosse viennent s'y traîner à la suite des plus nobles coursiers. « Le romantisme n'a pas assez compris qu'en créant à la fois B le moule, la matière et le modèle ", et surtout en se servant, pour chaque matière, du modèle exigé par celle-ci, Goethe procédait d'une formule qui n'était point celle de la » liberté dans l'art •:
Cette espèce de « panthéisme lilléraire » de Goethe ne sera vraiment reconnu par celle génération qu'une fois ' terminée l'époque des combats esthétiques. J.-J. Ampère, J^^ assurément, l'avait discerné clairement; mais le romarinsme avattirtiecomptir une œuvre trop pressante et trop indispensable pour s'accommoder des nuances et des distinctions. Ce n'est qu'au sortir de l'Age héro'lque qu'on trouve,
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plus nombreuses et plus nclles, des dt^cla rations comme 1 celle-ci : « Aujourd'hui le drame est naturalisé rran<;ais; j nous comprenons Goethe et Shakspearc aussi bien que j Mme de Slaël.... Or, par celle raison même que le drame'! esl adopté, il me semble que la tragédie... doit reprendre ] son ancienne allure avec plus de fierté que jamais. » (A. d Musset, De la 7'ragéilie, 1" nov. 1838.) Quelques jours ^ après, Méry disait, dans un Discours d'ouverture pour le J théâtre de la Renaissance :
L'art a pris tous les noms...
C'est une dynastie, une immortelle race Qui peint avec Apellp, et chante avec Horace; Jette avec Mîcliel-Ango une église dans l'air, Pleure avec les lahleaui de Goethe et de Schiller, De ce vieux momie instruit la jeunesse écolière Aux leçons de TdrenceT aux leçons de MoliÈre.
Et Gérard de Nerval, dans lArlisle, un peu plus tard : i a Goethe et Schiller onl écrit lanlâl des drames, tantôt des 1 tragédies, selon les sujets qu'ils avaient à rendre. Gaett et I Don Carlos voulaient la Torme du drame : Ipbujénie en I Tauride el la Fiancée de Messine s'accommodaient n de la forme tragique. Ce ne sont pas seulement les sujets \ antiques qui se prêtent le mieux à une Forme régulière : l 7'a-ise esl pour Goethe un sujet de tragédie, comme Julet i César a élé pour Shakspeare un sujet de drame. 11 n'y a J pas de tragédie sans logique d'idée, pas de style IragiquA.j sans unité de style. » C'est au lendemain de la bataille, non au plus fort de la mClée, que d'aussi sages paroles I pouvaient être prononcées : il n'est pas indilTérent de noter J qu'elles l'ont été, et qu'ainsi la vraie signification esthéli-^ que de Goelhe a trouvé, elle aussi, des témoins allentifii 1 chez nous parmi d'anciens comLallanls de la libération -j littéraire.