‹ Goethe en France...: étude de littérature comparéeChapitre 26 sur 52 · LE LENDEMAIN DU IIOMASTIRME · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN DU IIOMASTIRME

tchaflKtil CommeoL devine rai L-on l'auteur de Werther dans un livre si ennuyeux? » El, le 1S mars : » Quant aux romans nouveaux, cxceplé celui de Uoellie, qui me paraît misérable, je n'en ai lu aucun.,. 1.

Le personnag e d'OtUlie, « parfaiLemcnl tracé », fui seul à trouver prûce devant quelques critiques et quelq^ues leçteurs. <■ Quel cheF-d'œuvre même en français que les tablelles d'Otlilic! s'écrie l'un Je ceux-ci; cl que de profondeur, d'attachant el d'imprévu dans cel ouvrage, où il y a la plus grande supériorité sur ceux des autres nations. » Mais c'était là un jugement sans écliq; el d'ailleurs, en isolant la mélancolique figure d'un des personnages, sans s'inquiéter du drame, aussi fatal qu'une combinaison naturelle, auquel il se trouvait ml>lé, le prince de Ligne ne rendait nullement hommage à la pensée de (locUie qui assimilait certaines allraelious senlimenlales à l'inéluctable rigueur des luis chimiques.

Un -seul j VaflLçais du-coniinençement du sifccle, jlcndha l, . semble avoir compris celle idée et s'en être souvenu à l'occasion : el l'on sait de reste combien, rallaché par ses sympathies philosophiques au matérialisme du \vm' siècle, iljugeail son œuvre discordante avec son époque, destinée au contraire k trouver des lecteurs d'élection vers 1880. L'écrivain qui a fait un sort à l'image (physique, elle aussi) delà cristallisation, cite les Af/inUês, dans sa Vie dp Nitf/dn, dès le 3i mai 1809 ; il noLe lu lecture qu'il en l'ail, dans son Journal, le 18 février 1810. Or, quoi de plus conforme à i'hypolhèse de ce livre que des principes de « béiisme » comme celui-ci, qu'il formule le i octobre 1812, dans une lettre de Moscou? u Je lisais les Confessiom de Rousseau il y a huit jours. C'est uniquement faute de deux ou trois principes de hiHisme qu'il a élé si malheureux.... lise lie avec un homme pendant trois s=emaines : crac, les devoirs de l'amitié, cle. Cet liomiiie ne songe plus à lui après deux

GOETIIK EN FHANCE.

h cela une explication noire. Le bêlhme \v£l

ans; il cherche à eûl iJit '. u Deux corps se rapprochent, il naît de la clialeu^ « el une fermenlaLion ; mais tout état de celte nature " passager... o Et ilest significalif querautcurde ftnuge^ Noir ait donné le titre d'.\f/iiiités éleclives à son chapitre vUjl oCi l'amour, enlre Julien Sorel et Mme de Rénal, naît avet une sorte de i'atalilédcs circonstances le.s plus indifl'i^i de Icurcôte-à-côte.

Notons (juc IV'poqup romantique n'a point vu reparaîtra d e iTàdî jgUop des ■\fJ'"i'Js ■ Muie de Carlowilz le traduin en ISii, Cauiille Seiden en IH72, mais il faut savoir l'allf^ niand. vers 1830, ou recourir aux anciennes versions, médiocres, pour se faire de ce livre une idée qui ne soit pâi trop indirecLe. Voici pourtant, en 1834, deux échos de s influence. En novembre, Gérard de Nerval, en train de lîr? Jacijuei de G. Sand, écrit à l'éditeur Renduel : <> ... Jen'aim pas beaucoup qu'un roman soit un syllogisme. Cela part combiné presque comme le roman de Goethe, les AffimlÛ éleclives, donl lui-même donnait l'analyse soit en termefl d'algi'iire, soit en termes de chimie, l^s quatre personnagi de Jacques sont bien posés, comme ceux des A f fini tés ; a peut de rafimcles représenter par a, 6, c, etc. ; seulement, j crois que, dans Goethe, le quatrième est j, l'inconnu.... j La même année, dans son <• roman alsacien u A'Hetn Foret, Louis Lavaler (Louis Spach) introduisait nettemeiï| le souvenir des Affiniiés dans la donnée de l'action.

" Paix donc, reprit Wangenhejm. nous raisonnons « , philosophes, par abstraction; mettez un A à la place <i Minna [sa femme]: qu'un lî représente votre femme; voai êtes C; moi la quantité inconnue X. N'esl-il pas évideol vous dis-je, qu'A, de ta sorte, s'empare de C et relaDcel dans le vide, peut-être sur X; qu'en pensez-vous?

— Je crois, dît Henri, fort embarrassé de sa conlenancui que ce sont de mauvaises plaisanteries al^^ébriques, qu'ïll

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vaudrait mieux laisser où vous les avez prises, dans les Affinités l'rleetioes, je pense ' ". Lb suite de l'acLion rappelle, d'aillcur». il'eriher autant que les AffiniUt, et la rigueur de l'équation posée par le mari ne se coDlirme qu'à demi.

Ln lointain effet des Affinités, c'est la « parabole >• du Cygne, poèmo â faire que Vigny noie dans son Journal, selon Blaze de llury ^ après avoir lu une préface dédaigneu.se pour ie livre de Goelhe, el après avoir écrit d'abord : « Les Affinités èlcclivet que le préfacier <ie Goelhe critique amèrement. C'est un grand malheur que de porter avec soi dans l'avenir son maladroit critique comme un ballon sa nacelle, » Cette pensée, qui s'Illustre cn-tuite du symbole d'un serpent accroché à un cygne, le mordant el buvant son sang tandis que l'oiseau plane dans les airs, se précise ainsi : » ...l'impuissant Zoïle est porté dans l'azur du ciel et dans la lumière par le poèlc créateur qu'il déchire en s'atlachanl à ses tiancs pour laisser, fi'il-ce en lettres de sang, son nom empreint sur le cœur du pur immortel ' ».

Mais il faut pénétrer dans un âge plus famlllDr avec les études scientifîques, plus enclin aussi â rattacher aux mouvements de la matière les phénomènes psychiques, pour rencontrer en France les traces plus discernables d'une influence, ou au moins d'une inlelligente ioformation, des Affinités éleclivn. Des répugnances littéraires subsistent; B étrange livre, écrit Mérimée à son inconnve, où les plus belles choses du monde alternent avec les enfantillages les plus ridicules.... C'est, je crois, ce que Goelhe a fait de plus bizarre cl de plus antifraui;ais. » Et Doudan à la marquise d'Ilarcourt, le 23 juin 181)1 : " Je n'oserais vous en parler si le nom de Goethe ne couvrait tout. Il faut qu'il ait dans sa langue un grand mérite de style, car, hors de

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