‹ Goethe en France...: étude de littérature comparéeChapitre 32 sur 52 · ALIX ALENTOURS DU ■■ PARNASSE · texte numérisé non relu

ALIX ALENTOURS DU ■■ PARNASSE

en octobre 1809, évoque la scène où Hermann aperçoit dans le miroir du ruisseau la « Ggure charmante » de Dorothée. « Mais la scène enchantée que je viens d'esquisser si faiitlemenl Détail qu'une vaine illusion, car ces aimables présafçes ne se sont point réalisés; et une rencontre qui paraissait devoir être la source de Lanl de félicité n'a produit que des larmes. Ces Qgurcs sans réalité, ces images fantastiques du ruisseau peignent d'une manière malheureusement trop exacte ce que les espérances des mortels ont de vague et de fugitif..,. »

Ne nous étonnons donc point si cette première révélation àllej-ntiinn et Dùvolhée h la pensée franijaise n'a point laissé de traces dans notre littérature, trop aristocratique encore, ou trop sentimentale à celte heure, pour tirer quelque parti de cette forme d'art, La traduction de la Louise de Voss et de la Porlhéniide de Ilaggesen, à la suite et sous le couverl A'Uermnnn, tels sont, peut-être, les seuls résultats discernables de celte initiation de 1800.

1830 ne fut guère plus favorable : parmi tant de lyrisme déchaîné, de curiosités moyenâgeuses ou exotiques el d'aspiralions surhumaines, la poésie domestique n'avait que faire. Hermann fournit un prénom à des héros de roman : » Use nommait Hermann, écrit l\a.\i.acAAn&\'Aulitrge rouge, comme presque tous les Allemands mis en scène par les auteurs ". En 183G, cependant, Sainte-Beuve, que ses préférences portaient vers la poésie des • intérieurs » et des intimités », salue longuement Lamartine « comme l'Homère d'un genre domestique, d'une épopée de classe moyenne el de famille, de cette épopée dont le bon Voss a donné l'idéeaux Allemands par Luuîse, que le grand Goethe s'est appropriée avec perfection dans Hermnnn et Dorothée ". C'est de-/oee/i/H qu'il s'agit, et le rapprochement s'impose, bien qu'on ne puisse, en dépit de certaines analogies de facture — l'habiLudc homérique d'une fréquente reprise

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tiOETllE ES FRANCE.

des mômes détails, des mCmes images, et presque < mêmes vers, — parler d'une influence exercée par le poèrS deGoelhc. Celui de Lamartine est d'origine lyrique et chi lienoe, celui de Goethe procède d'une intention artislîqaj et morale toute dilTérente. C'est plus tard, à la fin de ( vie. que Lamartine soDgi^ail a ■■ faire un poème ou pluUl un roman dans le genre d'Hermann et DorolMe », el 1 entretenait <\g ce projet, en octobre 1807', un visiteur t Saint-Point.

Pas plus que Joeelijn, la Marie et les Drelom de Brizei ou les poèmes domestiques de Sainte-Beuve lui-même lî sauraient être rapprochés d'Ifeniiann et Dorothi'e que p mémoire. Ce n'est qu'à mesure que la réaction se c contre l'école du sentiment et de la ranlaisie, à r aussi que croît, chez ceux que n'attire point le réalisme, , désir de parer de beauté el de poésie la vie quolidienqH que le poème de Goethe prend toute sa valeur. Xavld Marmier — si attentif à tout ce qui est poésie domestîqi rayonnement calme et sûr du foyer — publie en 1837 a nouvelle traduction, en prose, souvent rééditée i Werther de P. Leroux, el signale la vérité el la simple gra deur de cette idylle qui se détache sur un arrière-p d'histoire et d'épopée. Henri SchefTer lui consacre une d ses toiles.

Si l'on a pu comparer à llermann et Dorothée, pour le^ morale analogue el leur pareille gloriHcalion de la i domestique, des œuvres comme la Gabrklle d'Augier \ telles nouvelles de TftpiTer, il faut chercher ailleurs 1 traces les plus visibles d'une véritable influence. MêoB y André de G. Sand, récit poétisé d'une aventure as rante, el apologie permanente de la beauté de certaita existences reléguées « au fond des plus sombres masurn

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