‹ Goethe en France...: étude de littérature comparéeChapitre 7 sur 52 · TÉTIÎS FROIDES - ET " AMES SENSIBLES · texte numérisé non relu

TÉTIÎS FROIDES - ET " AMES SENSIBLES

par leUres, genre qui suppose, dira-l-elle dans VAlli'm'igtte, « plus de sontimpuls que de faits ». Les Tails, ce sont ici tes obstacles succcssîTs quireniienlincomplèlesel luujuurs lièsitantes les amours de Delphine d'Albi^raar et de Léonce de Mondovillc, et ce soni des inalcnli'ndiis qui seraient i-éparables, n'<^talt une incompntibililé absolue de caraclère el de « senlimenls .> enire elle, qui ne prend conseil que de son cœur, et lui, dont la coiisidernlwi) est la rèple et la loi. Du moins meurenl-ils ensemble, et leur fin tragique di^monlre par anlilhësc <> qu'un liommc doit savoir braver l'opinion. qu"nne femme doit s'y soumettre ». Aphorisme qui est une concession à la morale sociale que la thèse de Delphine, i le bien prendre, devait combattre : car Mme de Slafil voulait, au fond, <lonner raison à ceux qui n'obi'issrnl qu'à leur cœur el ne croient pas que le qu'cn-dira-l-on doive limiter la sensibilité de l'individu.

Le mai dontsouiïrait Werther, c'était de ne point trouver sa place dans la société, de n'avoir ni l'énergie de se la faire ni la résignation qu'il faudrait pour en prendre son parti, de n'être apte ni à imposer ni à contenir sou individualité; le mal dont soull're Delphine, c'est de se trouver de même contrariée par un réseau d'opinions cl de régies qui sont ici, non plus la nécessité sociale, mais <i \n loi de l'homme ■■. Si bien qu'une plainte très analogue dans soD principe s'exhale de ces deux livres, plainte de l'individu contre la société, plainte de la femme conire la conception qui n'a laissé, dans la destinée de son sexe, qu'une ressource, le mariage, et qu'une chance de bonheur, l'amour dans le ninria^^e; et qui, à défaut de ce loi, exige qu'on " éloulTe ces élans de l'Ûtne qui appellent le bonheur et se brisent contre la nécessité « : car ici non plus on ne songeait ù proposer un remède qui eût été l'allruismo, le dévouement A une cause impersonnelle, à une charité vraiment agissante. L'analogie entre M'erl/ier et Drlphlm' ne

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manqua pas de frapper les lecteurs perspicaces, Stendhal qui Iroiivail l'hi^roïnc Lien mélaplijsicieiinc, Villers qui écrivait à Mme de Sta^l, le 4 mai 1803 : « L'idée fondamentale et créalrice de toul voire ouvrage a été : de montrer la nature primitive, inaltérable, naïve, passionnée, aux prises dans ses élans avec les barrières et les entraves du monde conventionnel... Remarquez que c'est la m<>me idée-mère qui a guidé l'aulcurde M'a-lker. «

11 y avait assurémeul quelque originalité à Taire en 1803 un U'eW/ipr féminin — ou féministe; car la tendance sociale d il roman de Ooclhe se Irouvail assez communément combattue, à celle heure de réorganisation générale, de restauralion et de réfeclion. El, parmi ses lecteurs, les plus ferv vents eux-mêmes élaienl disposés à n'en retenir que la mélancolie, le mode mineur dominant, pour l'appliquer à tous les regrets que suscitait dans les âmes inquiètes la rupture des anciennes traditions.

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