SCENE y
Oreste (se précipitant au devant (f Electre qui lève sa hache pour frapper Iphigénie). Arrête I aveugle forcenée que vas-tu faire ? Arrête 1
Bientôt Electre reconnaît son frère et sa sœur et confesse, avec repentir, la justice et la bonté des dieux. La Pythie, dont on attend l'oracle depuis le commencement de la tragédie, est saisie à ce moment par l'esprit de la divinité et prédit à la maison de Tantale, que ses crimes sont expiés pour l'amour d'une seule âme pure, et que son sang ne coulera plus désormais :
ipmGENiE. Hait ein I
Geschwister nennst Du sie ! — Du bist Electrat Ja,Dubist's!
Elegtra. Ich bin Electra I
Und râchend trefT ich Dich! Fahr hini
Iphigénie [ahwehrend und erschreckt zusafnmenbrechend).
Erbarmen !
Ihr ew'gen Gôtter, schûtzt sie vor sich selbst !
IV Scène :
Ouest (auf Electra, die zum Streiche ausholt, zustûrzendj. Hait ein, blind Wûthende! Was sinnst Du? Hait!
IPHI6ENIE A DELPHES 109
« Soyez unis dorénavant, honorez les dieux... que » le salut soit avec vous * . »
Qu'on me pardonne de m'être étendu si longuement sur cette tragédie. Elle en vaut la peine malgré des défauts que M. W. Scherer a judicieusement fait ressortir*. Elle manque de simplicité, Taotion est brisée en maint endroit et l'imitation de l'Iphigénie de Gœthe y est peut-être trop sensible. A côté de cela, la pièce est conduite avec un intérêt toujours croissant, les différentes parties en sont savamment agencées ' et les caractères, surtout ceux des deux sœurs, sont fortement dessinés. C'est un travail digne de remarque. Halm a prouvé qu'il avait compris l'œuvre de son illustre modèle et on peut lire sa tragédie avec plaisir, môme après Gœthe. Il n'a pas fait un pendant à Vlphigénie en Tauride, c'est vrai I mais Raphaël Mengs non plus, malgré son habUeté, n'en a pas fait aux peintures du grand Raphaël. N'exigeons pas l'impossible ; sachons rendre hommage à tout travail qui contient de réelles beautés et qui élève l'âme, ne fClt-ce qu'un instant. Les ouvriers ne sont pas tous de même force, mais tous les actifs ont droit à leur salaire ; en écrivant son Iphigénie, Halm n'a pas fait œuvre d'inutile ouvrier.
* Seid wahr fortan und ehrt die Gôtter! Heil mit EuchI « Westermanns Mon.-Hefte 1879, vol. 46, p. 76. ' Cette qualité, si éminemment française, se fait remarquer dans toutes les œuvres de Halm.