CHAPITRE IV. TASSE. FAUST. W. MEISTER
De ce qui précède, je tire la conséquence que la division adoptée dans mon travail est légitime et n'aurait pu être autre.
En outre, je conclus de toute cette étude que, pour Importante que soit l'influence du milieu, elle ne s'exerce pas aussitôt. Son action est considérable, indiscutable, mais, pour en tenir compte, l'étude du moinent présent ne suffit pas ; il faut pouvoir embrasser jusque dans ses moindres détails, sinon toute la vie, du moins une période tout entière de la vie.
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§ I. Le retour : Les adieux à Rome. — Le voyage. — Florence Milan, Constance.
§ IL Vie de poète au retour : Accueil froid. — Schiller chef d'école. — Bruits contre Gœthe. — Vie retirée; Christiane Vulpius. — Triple but atteint : Indépendance visà-vis du duc et de M»« de Stein; la Sehnsucht calmée.
§ III. Influence de VJtalie : La valeur des sens en art. — Conception païenne de la beauté. — Objectivité. — Développement artistique de Gœthe et de RaphaëL — Conclusion.
Jamiam lassati carae complexibus urbis Vincimur, et sérum vix toleramus iter...
Crebra relinquendis infigimus oscula portis Inviti superant limina sacra pedes.
(RutiUu8 : ItineraHum.)
In Rom, glaube ich, ist die hohe Schule fUr aile Welt und auch ich bin gelœutei*! und geprûfet,
{Winckelmann'a Briefe.)
§ ï. Le retour.
« Il y a dans toute grande séparation un germe de folie! » s'écrie Gœthe, un mois avant son départ de Rome. Et certes, le poète était douloureusement ému à J 'idée de quitter à jamais la ville bien-aimée, où il avait passé, au milieu de compagnons dévoués, des heures si joyeuses et si fécondes. Il était ému en abandonnant son atelier d'artiste, ces couleurs et ces
pinceaux si souvent maniés, cette glaise façonnée avec un si vif plaisir, cette superbe Junon Ludovisi, son premier amour romain, et ce Jupiter, auquel il avait adressé chaque jour sa prière matinale. Il sentait son cœur se serrer, en parcourant pour la dernière fois le long Corso silencieux et en prenant congé, sur le Capitole, de la statue de Marc-Aurèle ; image frappante de Tantique cité, toujours noble et grandiose, le temps n'a pu que lui arracher sa parure dorée. Le poète éprouvait un frisson en descendant la Via sch cra, au milieu des arcs de triomphe et des temples en ruines, et en approchant du Colisée immense, majestueux et sombre, éclairé à demi des rayons de la lune blafarde. Il avait vécu au milieu de toutes ces merveilles, elles faisaient partie de son existence et il se prenait parfois à souhaiter un tombeau non Ipin d'elles : « Jupiter, souffre-moi ici, et que plus tard Hermès • me conduise aux enfers en passant devant le mo- » nument de Cestius * . » Pressentiment singulier I Quarante ans plus tard, c'était son fils chéri qui y trouvait sa dernière demeure*.
* Dulde mich, Jupiter, hier, und Hermès fûhre mich spâter, Cestius Mahl vorbei, leise zum Orkus hinab.
(Elégie VU.) Conf. Gœthe's Briefe an Fritz von Stein, 16 févr. 1788. — A Rome, le cimetière protestant se trouve à une petite distance de la pyramide de Cestius.
« Briefw. zw, Gœthe und Zelter, 23 févr. 1831 Peu après
«on arrivée, il prit le chemin du repos, au pied de la pyramide de Cestius, à la place où son père, avant sa naissance, désirait poétiquement de reposer. . . . Ainsi donc, par dessus les tombes, en