X PRÉFACE
gements que Goethe pouvait avoir subis, dans son génie, à la suite de son séjour à Rome.
En effet, je ne connaissais guère le grand poète que par une étude, trop peu suivie, de ses œuvres mêmes, par rexcellente biographie qu'en a écrite M. Mézières et par quelques articles de la Revue des Beux-Mondes. La préparation n'était pas suffisante ; il fallait la compléter ou plutôt la recommencer, et cette fois avec méthode.
Je repris donc la vie de Gœthe à partir de l'enfance et telle qu'il nous la donne lui-même dans ses récits autobiographiques. Cette lecture était accompagnée de celle de la correspondance et des œuvres contemporaines du poète. Par là, je voulais, comme c'est le devoir de tout critique, refaire, autant que possible, le chemin parcouru par mon auteur, revivre sa vie. Je m'arrêtai à la liaison avec Schiller. La période suivante sortait de mon cadre. Si la vie antérieure est indispensable pour comprendre et arriver à une solution, la vie postérieure, elle, n'importe que pour prouver la solution ou la réfuter. Comme telle, je Tétudiai rapidement.
Ainsi préparé, non seulement admirant Gœthe mais l'aimant, sympathisant avec lui, j'écrivis ma dissertation en reprenant avec soin les matériaux qui m'avaient servi à étudier le voyage en Italie et la période qui le précède et le suit immédiatement.
Ce ne pouvait être là encore qu'un travail bien imparfait. Il eût été par trop présomptueux de ma