XVI INTRODUCTIO
salem se tua, et Gœthe tira un premier livre de son cercueil. Trente-six autres depuis, et dont pas un seul ne mérite l'énorme réputation dont tous jouissent, lui valurent d'être le roi absolu — le Re netto — de l'esprit au xix^ siècle. Gela ne prouvait pas pour le siècle. Il est vrai que l'empereur Napoléon, pendant quelque temps, lui fit un peu tort dans la renommée... Le fameux coup de pistolet de Wei^thei^ fut légèrement couvert par les tonnerres de l'Empire, qui empêchaient d'entendre autre chose qu'eux. Pendant leur tapage, Gœthe, ce ver à soie de la gloire, se tint coi dans son cocon d'Allemagne. Mais, quand ces magnifiques tonnerres se turent, ce fut alors qu'il retentit.
Et si fort qu'on chercherait en vain à expliquer le phénomène d'une telle gloire par des causes générales plus ou moins puissantes, et qui, d'ordinaire, expliquent tout. Rien n'y suffirait, ni la décadence littéraire de la France, qui n'avait, au commencement du siècle, de l'ancien esprit français (madame de Staël et Chateaubriand exceptés), que les dernières gouttes qui