XVIII INTRODUCTION
profond — dans la brume épaisse de ces systèmes où l'on voit tout ce qu'on veut y voir, comme dans la musique et les nuages...
De son côté, le Romantisme, en train d'accomplir, vers ce temps, la révolution dont nous sommes sortis, accepta, dans l'ébriété de sa jeune vie, — car il était la vie alors î — la poésie de l'Allemagne, comme l'éclectisme avait accepté sa philosophie ; et, d'enthousiasme, il prit Gœthe et Schiller sur le pied où l'Allemagne les prenait tous les deux : grands, mais inégaux, Gœthe devant toujours être « l'incomparable Gœthe » même en France, où Schiller, cependant, pour l'emporter sur lui, avait trois qualités d'un effet toujours certain sur l'aimable sensibilité française : il était pulmonique, sentimental et philanthrope. Gœthe, le bien portant et le dur à cuire^ n'avait rien de tout cela, et le Romantisme ne l'en proclama pas moins supérieur à Schiller, et (il n'eut pas peur de cette monstrueuse hyperbole!) le Shakespeare du xix^ siècle!! Eh bien, le croira-t-on? le croirez-vous, races futures ? c'est ce Shakespeare-là