‹ Goethe et DiderotChapitre 30 sur 37 · CONTES ET ROMANS · texte numérisé non relu

CONTES ET ROMANS

La publication successive des œuvres de Diderot est allée plus vite que nous. Elle va même trop vite, car elle est confuse et entassée, et l'ordre y manque dans le classement des œuvres de Diderot, de cet esprit déjà par lui-même entassé et confus. C'est avec Diderot plus qu'avec personne qu'il fallait un ordre et une sévérité de méthode qui nous fît voir sans trouble les différentes aptitudes de cet esprit d'une certaine puissance, mais désordonné, et dont les facultés empiétaient les unes sur les autres pour se diminuer, toutes, les unes par les autres. Le manque

de lucidité dans la distribution des œuvres de Diderot, qui en étaientdéjààleur dixième volume quand nous écrivions ceci, ajoute un labeur nouveau à la rude besogne de la Critique, obligée de lire et déjuger, à un siècle de distance, des livres sans valeur absolue, écrits dans un intérêt de parti ou d'idées qui n'existe plus que par le terrible souvenir du mal que ces livres ont fait.

Le xviii^ siècle, en effet, fut essentiellement polémiste, et tous les travaux de ses écrivains furent marqués de ce caractère horriblement pratique : le bouleversement de l'Etat social tel qu'il avait été constitué jusqu'alors. Les écrivains de cette époque affolée de destruction et de changements font le sinistre effet d'aveugles qui balaient la place où vont s'élever tout à l'heure les échafauds qu'ils ne prévoyaient pas, — car le récit de la prédiction de Cazotte est un conte inventé par La Harpe, et M. Taine, qui l'a cité à la fin de son volume de VA?icie?i régime, s'est permis un effet de fantasmagorie indigne de son érudition. Voltaire, seul, se doutait de quelque chose : « Mes frères, qui vivra verra ! > disait-il

en frottant diaboliquement ses vieilles mains ; mais il ne prévoyait pas ce qu'on a vu. Il ne prévoyait ni Marat ni Gouthon... Quoi qu'il en ait été, du reste, les écrivains du xviii<^ siècle se préoccupaient bien plus de prosélytisme et de la diffusion de leurs idées que de la beauté de l'œuvre littéraire. Diderot, qui passe à tort ou à raison pour le plus artiste de tous, Diderot, qui traita dans une thèse spéciale de la question de la Beauté, ne fut pas plus haut que son temps et il le subit tout entier. Dans les volumes publiés aujourd'hui il apparaît comme conteur et comme romancier; mais sous cet aspect il ne nous paraît pas plus grand qu'il ne nous l'a paru, dans les volumes précédents, comme penseur et comme philosophe. C'est toujours le même homme, qui se jette sur tous les sujets par tempérament intellectuel, mais ce n'est pas l'artiste qui se renferme dans l'idée fixe du chef-d'œuvre et l'amour pur de la beauté réalisable, — ces deux sphères fermées au fond desquelles vit ce grand solitaire, le grand artiste. Le xviii® siècle (littérairement du moins) ne connaît pas cet artiste-là.

Ce sont tous des utilitaires, des briseurs d'images, des iconoclastes, qui se serviront de toutes les formes de la pensée dans l'intérêt de leur métaphysique impie. On sait la sacrilège consigne : (( Ecraser V infâme ». Quand on obéit à cette consigne-là, on se soucie bien des œuvres humaines désintéressées et pures! Ils firent du roman, mais ils en faussèrent la conception supérieure, ■ — ou, pour mieux dire, ils ne la connaissaient pas. A rigoureusement parler, le roman n'existait pas en France du temps de Diderot. Les Scudéry — ces Alexandre Dumas anticipés du xvii^ siècle — étaient oubliés autant que le seront, un jour qui n'est pas lointain, les Scudéry de l'heure présente, et l'auteur de la Princesse de Clèves, vantée par Voltaire, en littérature n'est réellement pas quelqu'un. . Au xviii'^ siècle, malgré Le Sage et son Gil-Blas, roman d'aventure sans couleur (l'imagination des aventures est la dernière des imaginations), malgré l'abbé Prévost et sa Manoti Lescaut, ce chef-d'œuvre de bassesse dans la pensée et dans le sentiment et de platitude dans l'expression (malgré l'insigni-

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liante madame Riccoboni, l'amie de Diderot, qui par amitié lui accorda du génie), le Uoman, cette gloire et même cette seule gloire de la littérature moderne, n'était pas né au xviii<' siècle. On le connaissait en Angleterre, mais en France il n'a commencé guères avant le xix^ siècle. C'est à partir de cette époque qu'il a décrit le cintre immense qui part de Bernardin de Saint-Pierre, Chateaubriand et madame de Staël, pour aboutir à Balzac et à Stendhal... Les écrivains du XVI II'' siècle étaient trop animés et trop esclaves des passions de leur temps pour avoir l'impartialité de l'observation et la profondeur dans l'étude de la nature humaine, ces deux conditions nécessaires à ce genre de composition. Le roman, pour eux, n'était qu'un véhicule commode pour porter leurs idées plus loin, pour les faire entrer plus avant dans les esprits et dans les cœurs. C'est ainsi que Voltaire écrivit Candide, — ce livre scélérat, qui faisait horreur à madame de Staël, la femme la plus disposée pourtant à pardonner tout à l'esprit (elle a dit : « Tout compremh-e, c'est tout pardonner »); Candide, qui fait de la

conscience humaine une plaisanterie, et qui, sous forme romanesque, n'est qu'un odieux pamphlet contre la divine Providence. C'est ainsi que Rousseau e'crivit la Nouvelle Héloïse^ — une suite de thèses philosophiques soutenues avec la flexibilité de l'esprit le mieux organisé pour le sophisme qui ait peut-être jamais existé. Et qu'à son tour enfin Diderot écrivit son Jacques le fataliste, dont le nom dit tout, et sa Religieuse, à laquelle maintenant on ne penserait pas plus qu'à la Mélanie de La Harpe, sans les détails ignoblement libertins qui, pour les esprits corrompus, poivrent de cantharides la fadeur de ce livre froid que la haine, qui tremble toujours un peu dans l'âme pusillanime de Diderot, n'a pas su réchauffer. Je ne parle pas du Neveu de Rameau, qui n'est qu'une figure mise debout, dans un dialogue de deux personnes, avec cette verve qu'avait parfois Diderot, cet esprit sanguin et nerveux, — nerveux jusqu'à la danse de Saint- Guy et sanguin jusqu'à l'apoplexie, — ni des Bijoux indiscrets, cette polissonnerie sans esprit qui rappelle le Sopha, cette autre polissonnerie,

et qui met Diderot au-dessous mênie du fils Crébillon.

Et, ne vous y trompez pas, — nous prenons la mesure de l'homme, — ce ne fut pas seulement son temps qui empêcha Diderot d'être un grand romancier, ce fut aussi sa propre nature, ce fut le manque de génie, — le manque du génie qu'il eût fallu pour être un romancier. Diderot, quoi qu'on ait dit de ses hautes facultés d'artiste, n'avait pas la tète assez large, et son front, qui paraissait vaste, était trop obstrué de fatras philosophique pour avoir la nette conception du roman. Il avait cependant lu et admiré Richardson. On a de lui, sur la Clainsse de Richardson, un morceau resté célèbre, — une de ces pages d'enthousiasme éperdu, comme cette tète perdue, qu'on a trop prise pour une tête de critique, savait en écrire quand son tempérament de satyre intellectuel était à feu... Mais la secousse de cette lecture ne le féconda point. Richardson et son admirable livre passèrent, sans y laisser de trace, à travers cet esprit ouvert, cette bouche de Gargantua littéraire qui avalait tout et qui ne

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s'assimilait rien. Fielding et Richardson, ces romanciers dans la plus complète acception du mot, en x\ngleterre, quand, en France, nous n'avions encore que des larves de romanciers, — les têtards du genre, — Fielding et Richardson, ces observateurs et ces peintres de l'àme humaine et de la vie sociale, ne se préoccupaient que de leurs œuvres et de la force d'impression qu'elles pouvaient avoir, non pas seulement sur les âmes de leur temps, mais sur les âmes de tous les temps. Ils étaient impersonnels et vivaient dans l'isolante contemplation de leurs œuvres et de leurs modèles... C'étaient des concentrés sublimes, visant perpétuellement à quelque résultat esthétique, plus ou moins réussi, plus ou moins vrai, plus ou moins grandiose. Mais Diderot était, lui, un talent essentiellement extérieur. Au lieu de se concentrer, il se répandait. Il n'aurait pas attendu, comme Richardson, cinquante ans, derrière un comptoir, avant de lancer une Clarisse. Il ne serait pas resté, pendant des heures, silencieusement et pensivement assis à la taverne, comme Fielding, pour y obser-

ver des filous et des filles. 11 était du siècle le plus superficiel. Comme un bourgeois qu'il était,

— comme un parvenu et un Turcaret de lettres,

— il raffolait des salons où les grands seigneurs ennuyés Técoutaient comme un oracle. Sa vanité s'étalait là. Il s'y dépensait effroyablement. Il se dépensait au café, au foyer des théâtres, partout où les hommes étaient rassemblés et où il pouvait ruisseler de paroles. Jamais bavarderie ne fut plus robuste, plus impétueuse et plus continue que la sienne. Il ressemblait à ces fontaines qui dégorgent incessamment et puissamment une eau violente par la bouche de quelque figure de lion rugissante, et toute oreille était pour lui une vasque qu'il inondait et qu'il remplissait, ce déclamateur, improvisateur, prédicateur, — car, chose étrange! il était, de nature, prédicateur. Ce singulier homme, qui, un jour de faim, avait fait dix-huit sermons pour dixhuit louis, avec sa facilité bouillonnante aurait pu être un magnifique prédicateur si le diable ne l'avait pas pris à Dieu de bonne heure et ne l'avait pas confisqué. Seulement, il garda le

don. II fut un prédicateur retourné et prêcha pour la philosophie. Dans ses romans, comme dans ses autres livres, il ne s'oublie jamais, ni lui ni sa prêcherie... Peintre qui crevait sa peinture pour passer sa tête par le trou de sa toile, afin qu'on le vît bien et qu'on l'entendît bien toujours.

Et c'était trop qu'on le voyait et qu'on l'entendait. Dans son Jarques le fataliste, sous le personnage de ce valet insupportablement philosophe, c'est lui, Diderot, qui prêche contre le libre arbitre de l'homme. Est-ce que des laquais s'occupent du libre arbitre? Dans la Religieuse, c'est lui encore, c'est le philosophe Diderot, visible quoique moins dogmatique, moins affirmatif que dans Jacques le fataliste, — parce qu'il a peur delà Bastille et que jamais philosophe ne fut aussi poltron que lui, — c'est le philosophe Diderot, enragé contre l'institution des vœux monastiques, c'est l'écrivain fidèle aux mauvaises habitudes d'un siècle qui portait la Révolution

dans son sein, et (jui, pour supprimer un abus, supprimait l'institution entière. On y reconnaît Diderot encore au déhonté des détails; car, je l'ai léjà dit, Diderot est un des plus cyniques d'un siècle cynique, et, sans la Pucelle, il serait le premier. Sa Religieuse, du reste, et son Jacques le fataliste, sont deux romans absolument médiocres, en dehors de leur exécrable inspiration. Ils n'ont pas d'invention réelle, pas de forte composition, pas de relief, pas de couleur, pas de caractères, pas d'art enfin. Diderot, qui a remâché toute sa vie l'expérimentalisme de Bacon, n'est pas plus créateur dans l'ordre du roman que dans l'ordre de la philosophie. Son Jacques le fataliste est, doctrine à part, le Tristram Shandy de Sterne, sans l'adorable génie de Sterne, sans les grâces de son récit, sans l'oncle Toby, sans le caporal Trim. L'imitation, cette gâteuse, y est tellement visible, que Xaigeon, qui aime Diderot comme le chien aime son maître, Naigeon, le Laridon de ce César, n'ose pas la nier... C'est du Sterne, mais quelle patte à la place de cette main ! Ce gourd et lourd Diderot

a-t-il chiffonné, en le volant, ce merveilleux point d'Angleterre! Je sais bien que l'histoire de madame de la Pommeraye, mêlée aux autres gravelures de ce livre, qui n'est au fond qu'une lapalissade philosophique relevée de grivoiseries, empêche de le rejeter avec le dégoût qu'il inspire; mais il faut ajouter que dans cette histoire, racontée avec des interruptions qui, pour le coup, sont de l'art, il y a plus de mémoire que d'imagination et plus de tour que de couleur. La couleur du style est aussi absente dans cette histoire que dans les romans de Le Sage. Le tour est toute la supériorité de Diderot, de cet esprit qui n'a que du mouvement et de la verve. Or, il faut certainement plus que cela pour être un grand artiste littéraire, et il faut bien le dire, si tard que ce soit, Diderot n'est pas ce qu'on peut appeler un grand artiste. 11 a des qualités d'artiste, comme il avait des qualités scientifiques. Qu'on me passe la familiarité du mot, parce qu'il est juste : c'était une bonne à tout faire en littérature ! mais un artiste qui ne fait quune chose et qui l'accomplit eût valu

plus que lui... 11 a touché à tout comme Voltaire, mais il n'avait [>as plus la main ailée de Voltaire qu'il n'avait la main fine et languissante de Sterne. Il n'avait pas de Sterne, cet enchanteur, le risqué charmant du trait, (jui effleure l'indécence sans jamais y entrer, tandis que lui, Diderot, y entra toujours, et même avec de grosses hottes, pour y enfoncer davantage. Il n'a pas non plus, quand il est cynique, le cynisme grandiose ettitanesque de Rabelais, ce Michel-Ange de l'ordure, qui sculptait si superbement dans une matière que je ne nommerai pas, comme s'il eût sculpté dans de l'or.

Ce bourgeois de Diderot a embourgeoisé tout. Il a embourgeoisé Rabelais, Sterne et Voltaire, en les imitant; Sterne, Voltaire et Rabelais, des bourgeois comme lui de naissance sociale, mais de race de tête différente. Tout grand artiste, en effet, — et Voltaire, malgré l'infériorité qu'il dut aux passions de son siècle et l'abus qu'il a fait de ses talents, a du grand artiste, — tout grand artiste a quelque chose d'élégant, de patricien, d'aristocratique, que n'a jamais Diderot,

même les jours où il a le plus de talent. Il est toujours le fils du coutelier de Langres, édiiqué, littéraire, un monsieur du tiers, — de ce tiers qui va naître. Mais Richardson n'avait pas plus, que je sache, porté l'épée et marché sur un talon rouge que Diderot, et pourtant ce teneur délivres en librairie, ce courtaud de boutique, a créé Lovelace, et par cette création il a montré quelle est la fierté du génie, que Diderot ne connaissait pas !

Je l'ai dit plus haut, il n'en avait point, de génie. On lui en a donné; mais c'est un cadeau... C'était un pataud brillant, mais c'était un pataud, qui, dans sa lourdeur déclamatoire, brillait plus par le mouvement que par l'éclat de sa pensée. Il avait la faculté du paradoxe, ce kaléidoscope de l'esprit, qui, remué et secoué, a des combinaisons et des rencontres de couleurs inattendues. Il a bien prouvé qu'il l'avait dans le Paradoxe du cojïiédien, dans Y Entretien d'un père avec ses enfants et dans son Xeveu de Rameau, A cette faculté du paradoxe il joignait la faculté

du conteur ra[>iJe, qui sait tourner vivement et ingénieusement son conte, même quand ce conte est dépourvu d'originalité. Voilà, en somme, les meilleures facultés de Diderot. Quant à ses prétentions d'esprit, il les eut toutes, et nous les jugerons dans les livres qui nous restent à examiner. Il fut auteur dramatique, critique d'art, critique de littérature et même poète, sa dernière et sa plus risible fatuité. Mais, en dehors de ses Paradoxes et de ses Contes, je ne lui vois aucune espèce d'originalité. On a dit de Voltaire qu'il fut le second dans tous les genres et ne fut le premier dans aucun. On peut dire de Diderot qu'il fut le troisième, mais qu'il ne fut pas même le second. L'opinion moderne, reconnaissante, probablement, de ce qu'il avait travaillé à la destruction de l'autorité religieuse et politique, l'accepta beaucoup trop sur le pied oi!i il se donna d'un homme de génie, et la Critique, si basse souvent, suivit l'opinion, au lieu de la conduire. Mais elle en reviendra si elle le lit, car jusqu'ici elle ne l'a lu que par fragments, comme elle le trouvait sous sa main.

L'édition complète des frères Garnier servira, du moins, à éclairer la Critique ignorante, en Taccablant et en l'ennuyant de choses illisibles. Croyez-vous que Jules Janin, qui fut un des premiers de notre temps à sonner du feuilleton sur Diderot, qu'il imita toute sa vie, avait lu Diderot tout entier?... Il avait lu ses romans, ses contes et ses paradoxes, et il arlequina làdessus. Le génie donc donné à Diderot est un pur don. Personne, personne, au fond, n'avait lu et ne connaissait Diderot dans son intégralité, effrayante et assommante. Cet homme, qui bavardait ses livres bien plus qu'il ne les écrivait, cet esprit exubérant, qui lâchait toujours tout, en style de ballon, — et, au fait, ses livres gonflés et tendus étaient des ballons, crevés à présent presque tous, — ne se lisait pas lui-même, A l'Encyclopédie, dont il fut le plus laborieux contremaître, on ne se gênait pas avec lui, cet étourdi fougueux, qui pouvait perdre l'entreprise par ses éclats d'opinion quand il n'était pas travaillé par la peur verte de la police et de la Bastille, — car il ne faut pas oublier qu'il était poltron

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comme Sosie, ce déclamateiir ! — à l'Encyclopédie on revoyait ses articles, on les corrigeait, on en supprimait des morceaux entiers, et il ne s'en aperçut jamais. Il pensait comme nous : il ne se relisait pas!! î ikli! c'était plus inspiré! Les écrits sortaient de ses mains comme les feuilles dispersées sortaient de l'antre de la Sibylle, et il pouvait dire, en pirouettant sur son trépied :

Le moment où je parle est déjà loin de moi.

C'était rigoureusement exact. Sa plume, rapide comme sa parole, ne laissait pas plus de trace que des mots évanouis.

Eh bien, franchement, la gloire d'un homme doit coûter un peu plus cher que ça!... Et voilà, quand je pense à Diderot, ce qui me fait trouver de l'impertinence dans sa gloire.

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