Bejahrt » et « Vornehm
Gœthe oppose, d'une part, Voltaire, qu'il qualifie, comme la littérature, de « bejahrt », au jeune homme emporté, plein d’aspirations‘ qu'il était alors, et d'autre part le public « altklug » de France à cette révolution littéraire de l'Allemagne dont il était un des premiers témoins et même un des premiers artisans. Il attribue aux jouissances intellectuelles que lui procure soudain Shakespeare, cette double qualité d'être aussi vraies que poétiques*. La vérité dans la poésie, la poésie dans la vérité, la fusion, la pénétration réciproque de l'art et de la nature : c’est la préoccupation capitale de Gæthe, c’est même, selon ses propres expressions, une passion, et une passion touchant presque à la folie *.
Quelque chose commence ici, quelque chose finit. Gaœthe a pris devant le monde des idées et des faits une attitude nouvelle. Les théories de Herder ont détruit les dernières attaches qui l’enchaînaient à la stérile tradition. Mais que peut une théorie réduite à elle-même? Comme Gœæthe l’écrivait à Oeser, en 1768 : « Lehre thut viel, aber Aufmunterung thut alles“ ».