Der junge Gœthe,I, p
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cette phrase suggestive : « On sait qu’on existe, alors seulement qu'on se retrouve en d'autres que soi° ». À la même, au temps où douloureusement il se déprend de Lili, il se montre contemplant l'univers à travers les larmes les plus brûlantes de l'amour, etil ajoute : «... und mich alles seelenvoll umgab* ». Seelenvoll : mot charmant et intraduisible. On dirait des ondes immatérielles, d’impondérables fluides baignant l’âme de Gœthe, baignant l’âme proche encore de Lili, allant de l’une à l’autre sans solution de continuité. L'éloignement ne nuit pas à l'intensité de la vibration, au contraire. Gœthe, parlant de la correspondance qu'il échangeait avec Frédérique, dit que par ces entretiens à distance, toute sa flamme prenait une vie jusqu'alors inconnue”. Hermann Grimm rappelle quelque part cette tendance de Gæthe à transmettre à la femme dont il est amoureux la force qui doit ensuite l’enchanter lui-même, et cite à ce propos un conte indien où la main d'une jeune fille touchant un arbre suffisait pour le faire fleurir“. Image jolie, qui explique bien ce qui se passe en Gœæthe chaque fois. Il y a là un phénomène pyschologique des plus intéressants ; nous sommes en présence d’une