‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 17 sur 37 · Jahn, Allgemeine Deutsche Monatschrift, 1854, p · texte numérisé non relu

Jahn, Allgemeine Deutsche Monatschrift, 1854, p

le principal agrément. Ce qui l'emporte, pour tout dire, chez Gœæthe, et il le reconnaît, c’est la légèreté. Son sentiment enfin pour Käthchen est moins un amour qu'une amourette, et sa jalousie un bouleversement de l'âme qu'un grincement de dents. C’est son sang plutôt:que son cœur qui a la fièvre ?. Et lorsqu'il met Behrisch au courant, c'est en français qu'il s'exprime : sa peine peut se plier aux contraintes d'une grammaire étrangère. Käthchen, d’ailleurs, ne lui inspire aucune poésie digne de ce nom, et c'est là, nous le comprendrons mieux au chapitre suivant, un singulier criterium. Enfin, quand Käthchen, lassée, renonce elle-même à Gœthe, il ne reste plus entre elle et lui qu'une franche amitié, qui s'éteint lentement, sans qu'on sache dire à quel instant précis, telle la vibration d'une note qui meurt dans l'air calme. Le 23 janvier 17170, Gœthe peut écrire, à Käthchen : « J'ai un intérieur, j'ai de l'argent. Cœur, que désirestu? Une femme ».

Quelques mois plus tard, le cœur de Gœæthe avait Frédérique.

Quelle femme fut donc cette Frédérique? Par quel charme a-t-elle d’abord séduit Gœthe? Dans quelle

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