‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 18 sur 37 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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mesure l’a-t-il idéalisée? Comment, sous cette idéalisalion même, pouvons-nous retrouver quelques traits de réalisme, bien que Gœthe, avec la délicatesse la plus fine, et l’art le plus discret, les voile et les dissimule? C’est ce qu'il nous faut étudier maintenant.

Gœthe avait écrit en 1769 à Frédérique Oeser

« Qu'est-ce que la beauté? Ce n'est ni le jour ni la nuit. Crépuscule : un mélange naissant de vérité et d'invraisemblance'. » Tel est l'idéal subtil, sans mysticisme pourtant, dont il cherche la réalisation, au moment où il rencontre Frédérique. Ses veux s'offusquent d'une lumière violente, et son esprit d'une vertu surhumaine. Il goûte davantage les heures où la lumière s’adoucit et se voile, et les âmes qui n’ont d'autre éclat que celui de leur innocence et de leur simplicité. A la même Frédérique Oeser, il écrit le 4% octobre 1770, c'est-à-dire quelques jours, peut-être quelques heures seulement après son retour de Sessenheim, ces lignes si importantes pour l'intelligence du cœur de Gæthe : « J'ai passé quelques jours à la campagne chez de très agréables gens. La société des aimables filles de la maison, la belle contrée et le ciel le plus riant éveillèrent en mon cœur chacune des sensations qui y sommeillaient, chaque souvenir

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