‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 19 sur 37 · Der junge Gœthe, 1, p · texte numérisé non relu

Der junge Gœthe, 1, p

de tout ce que j'aime : si bien qu'à peine rentré, je suis déjà assis ici et vous écris. Et par là vous pouvez voir comme on peut oublier ses amis quand on se trouve bien‘. » Et Gœthe ajoute que le bonheur ne pousse à l'oubli que quand il est bruyant et doit traîner plus tard une queue de regrets : « Mais lorsqu'on est pleinement conscient, et qu’on se recueille et qu'on goûte les pures joies de l'amour et de l'amitié, alors, grâce à une sympathie spéciale, chaque amitié interrompue, chaque tendresse à demi négligée est ravivée tout d’un coup ».

Aube charmante de l'amour. Les passions incohérentes et superficielles de Leipzig n'agitent plus le cœur de Gœthe. Aucune souffrance. Gœthe se recueille. Il regarde au fond de lui, et il trouve seulement du silence, une grande paix, une joie suave, un flot calme de tendresse qui déborde. Il regarde autour de lui, et il voit la belle campagne d'Alsace et le ciel qui lui sourient. Il communie avec l’espace et avec le temps. Il aime l'Univers, puisqu'il aime une créature. L'heure présente s’élargit jusqu'à contenir tout le passé.

Comment dépeindre Frédérique, sinon en rassemblant, avec une inévitable maladresse, les traits épars que Gœæthe lui a consacrés? Grande, mince, naïve et

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