‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 26 sur 37 · OO · texte numérisé non relu

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le soleil se lève, c'est Phébus qui paraît. Gœæthe pousse des pointes d'esprit à Vénus : «... c'est un second bonheur que le souvenir d’un bonheur’ ». Et sur le tombeau d'Amour, il dépose des vers, 1mités du français, dont on ferait décemment l'épigraphe d'un tableau de Bouguereau. Le dessin est élégant, mais il y manque cet élément dont l’art ne peut se passer : la sincérité?.

La plupart des critiques vantent la perfection de forme du « Leipziger Liederbuch ». Certains même regrettent, à ce point de vue spécial, l'infériorité des «Friederiken Lieder », alléguant que si les « Gelegenheitsstücke » ont le mérite de la sincérité, ils ont aussi le désavantage de la spontanéité. Ce n'est pas notre avis. Les poésies de Leipzig nous semblent trop souventobscures, maniérées, surchargées de traits qui entravent l'essor de la pensée. Le rythme présente des coupures désagréables. Les rimes s’accouplent péniblement. Les antithèses se juxtaposent sans s'opposer.

Pour tout dire, la langue de Gœthe n'a pas cette douceur, cette profondeur, cette clarté, cette plénitude et cette rondeur de jet qui la caractériseront bientôt. L'inspiration, qui pourrait suppléer à l'inexpérience, n'est pas née. Elle naïîtra par la grâce de Frédérique.

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