‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 27 sur 37 · Der junge Gœthe, 1, p · texte numérisé non relu

Der junge Gœthe, 1, p

2, Jbid., p. 103.

L'origine des pensées que l'on réunit ordinairement comme consacrées par Gœthe à Frédérique est incertaine. En effet, c'est un jeune étudiant de dixneuf ans, Henri Kruse, qui les recueillit en 1835 à Niederbronn, près de Sophie Brion, sœur de Frédérique, vingt-deux ans après la mort de celle-ci. Kruse ne songea pas à se poser les nombreuses questions qui laissent les critiques d'aujourd'hui en suspens. Les manuscrits qui lui furent montrés étaient-ils de la main de Gœthe? de Frédérique? de Lenz, le poète qui, après Gœthe, aima Frédérique? ou tout simplement de Sophie? Les critiques n'arrivent pas à s'accorder, et il nous semble impossible dans quelques cas de saisir une certitude. Aussi bien convient-il de réfléchir que Gœthe n'a pu atteindre d'un coup la perfection, qu'il n'a pas suffi qu'il passät de Leipzig à Strasbourg et de Käthchen à Frédérique pour devenir maître de sa pensée et de sa forme. Il est précisément instructif de relever chaque étape de son progrès.

Les poésies d'origine douteuse, à notre avis, portent les numéros 1, 3, 4 et 5 dans le classement de Henri Kruse. Qu'elles émanent de Lenz, ou soient du mauvais Gœthe, elles n’en font que mieux ressortir les qualités nouvelles des vers dont Gæthe est incontestablement l’auteur.

La première! est consacrée au sommeil de Frédérique. Le développement sent l'effort : le remplissage et les chevilles y suppléent au manque de souffle. La première strophe nous fait entendre le chant des oiseaux. La seconde note au contraire le silence du rossignol. Il y a là une contradiction. Les exclamations, les interrogations se succèdent, ne suffisant pas à sauver le vers de la platitude, ni à lui donner des ailes. Les rimes se cherchent péniblement. Enfin toute la pièce est d'un rythme haché, martelé, qui trahit soit Lenz, soit un Gœthe maladroit encore.

La poésie 3 est banale *. On y rélève des expressions prosaïques et lourdes, notamment une répétition peu habituelle à Gæœthe de l’adverbe « ziemlich ».

La poésie 4 abonde en défauts de toute sorte, souvent relevés par la critique * : impropriété des images, emploi d'apostrophes abstraites, exagération de sentiments poussée jusqu'à l'emphase, abus de mots violents, d'exclamations, de figures de rhétorique, d'interruptions, du pathos, enfin désespoir vrai ou factice d'un homme qui n’est pas aimé, et qui par conséquent ne peut guère être Gœthe.

La poésie 5 ne fait pas davantage honneur à Gœæthe,

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