‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 3 sur 37 · Eckermann's Gespräche mit Gœthe, II, p · texte numérisé non relu

Eckermann's Gespräche mit Gœthe, II, p

prenant le chemin de Sessenheim, ne se borne pas à suivre son compagnon d'études et de plaisirs vers une famille aimable où il sait qu'il sera bien reçu. Il chemine dans un cortège d'idées et de rêves, un cortège qu'il ne voit pas d'abord', qu'il aperçoit mieux au cours des ans, que nous distinguons enfin, grâce à notre recul, et sans trop de subtils efforts. TI cherche Frédérique avant de savoir qu'elle existe. Il est en quelque sorte préparé à la comprendre. Il la découvre au moment précis où, poétiquement, il a besoin d’elle. Dès lors, faut-il se contenter de cette vérité médiocre, que le mérite revient à Weyland d'avoir conduit Gæœthe vers Frédérique? Non, évidemment. D’autres impulsions, moins apparentes, ont été plus significatives, qui retiendront bientôt notre attention.

Fromentin a écrit quelque part : « L'art de peindre n'est que l’art d'exprimer l’invisible par le visible? ». Appliquant cette définition à l’art de Gœthe, et partant du visible, c'est-à-dire du récit même, nous sommes en mesure de rechercher l’invisible, c’est-àdire l'intention du récit. Il n’est pas jusqu'au titre de

l'ouvrage qui n'ait déjà, à un très haut degré, une

1. Cf. Dichlung und Wahrheil, 1. X: « Freilich konnte dieses nur später bei mir zum Bewusstsein kommen..……. »

Page 1