Dichtung und Wahrheit, 1. XT
TZ [Lo]
ce que je sens, donne-moi ta chère main, et que la chaîne qui nous unit ne soit pas une faible chaîne de roses. »
Enfin Gœæthe écrit les fameux vers :
Es schlug mein Herz; geschwind zu Pferde, Und fort, wild, wie ein Held zur Schlachtt!
qui constituent un véritable événement dans l'histoire du lyrisme allemand. Pour la première fois, Gœthe associe d’une façon saisissante la nature à ses impressions intimes, en faisant concourir chaque trait, chaque détail à l’ensemble, en évoquant plutôt qu'en décrivant les formes monstrueuses qu'enfante la nuit. Pour la première fois, sa poésie est toute action. Chaque mot presque représente un mouvement, et la passion précipite les mots. La mythologie factice de Leipzig est abandonnée. L'imagination du poète en crée une nouvelle, non par imitation, mais par instinct. Le don apparaît déjà, avec lequel il saura plus tard animer, personnaliser, en quelque sorte, les plantes. On reconnaît le poète qui écrira l’'Erlkünig. Le chène, dans son vêtement de brume, se dresse comme un géant. L'obscurité regarde, du buisson, avec cent yeux noirs. Les vents balancent leurs ailes doucement. La nuit enfante une infinité