‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 8 sur 37 · H. Grimm, Gœæthe (Vorlesungen) I, p · texte numérisé non relu

H. Grimm, GϾthe (Vorlesungen) I, p

LE SENS DU RÉCIT DE GŒTHE. 13 es E .

d'Homère, que Gœthe ne connaissait que par une traduction illustrée à la française. Jour exquis que celui où Gœthe se rapproche d'Homère! Surtout, Herder lui prouve l’universalité du don poétique, et l'éloigne d'y voir le privilège de quelques hommes cultivés, il le pousse à chercher ce don dans les couches profondes du peuple, et du peuple alsacien en particulier, à en surprendre les manifestations sur les lèvres, ou plutôt, pour répéter l'expression même qu'emploie Gæthe dans une de ses lettres à Herder, à la gorge des vieilles mamans‘. Gœthe offrira à Frédérique un recueil de chansons anciennes’. Ses propres compositions perdront peu à peu le ton anacréontique, la facture purement élégante de Leipzig pour se rythmer à la manière du « Volkslied ». Mais les critiques et les conseils de Herder auraient-ils suffi à pousser Gœæthe dans cette voie? Ne fallait-il pas l'intervention, l'impulsion de Frédérique pour animer et vivifier les théories de Herder? Oui, évidemment : cela ressort, peut-on presque dire, de l'ordonnance même du récit. Gœthe s'étend longuement sur Herder, avant de nommer Frédérique. Il semblerait donc qu'il eût rencontré Herder d’abord. Or, c’est le contraire qui est exact, ainsi que le

1, Der junge Gœthe, 1, p. 297.

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