‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 105 sur 270 · III, x, v. 1300 et suiv · texte numérisé non relu

III, x, v. 1300 et suiv

3. Il est utile d'observer que cette exclusion de Tantale ne peut être inférée que de ce passage et de IV, v, 1762-3.

que celles des dieux restent inexpiables, nous nous ferons de la divinité une idée assez différente de celle que le poëte prête à [phigénie. La question reste donc entière. Une explication plus satisfaisante serait celle de Düntzer qui répond : Tantale n'est point pardonné parce qu’il est coupable envers les dieux eux-mêmes; sa faute est même rapprochée par EH. F. Müller « du péché contre le Saint-Esprit ». On objecte qu Agamemnon aussi a été coupable envers les dieux, mais son offense à Diane, rappelée par Iphigénie, fut pardonnée grâce au sacrifice d'Aulis!. — On peut encore, en invoquant des observations de Schlosser et de K. Fischer, donner du problème une sorte d'explication symbolique. -Schlosser rappelle, en effet, la parole Eritis sicut deus et ajoute que « la présomption de Tantale en face des dieux devait être punie par le tourment d’un effort stérile et sans fin° ». K. Fischer écrit de même : « Nul homme ne doit se mesurer avec les dieux : le poète d'Iphigénie savait bien que la présomption entraîne le désir à jamais inassouvi : c'est là le tourment des Tantales dans le monde d'en haut comme dans celui d'en bas ». On pourrait dire encore que par la réconciliation des Pélopides se trouve détruite l’hérédité de la faute avec ses conséquences, mais que cette faute, qui est personnelle, n'en subsiste pas moins.

Enfin, à considérer ce monologue sous un autre point de vue, cette irritante « question de Tantale » pourrait, à la rigueur, s’éliminer. Gœthe ne nous traduirait-il pas simplement des représentations qui passent dans l’âme d’Oreste, et qui sont en conformité parfaite avec son état de mélancolie? Il désire la mort, il souhaite « que la convulsion de la vie soit chassée de sa poitrine® »; la mort est un refuge contre la nécessité du crime, et « la race du vieux Tantale a ses joies au delà du tombeau‘ »; il est donc naturel qu'Oreste voie, dans les enfers, ses aïeux réconciliés : sa vision n’est que la

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