‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 112 sur 270 · Durch ihren Wink (v · texte numérisé non relu

Durch ihren Wink (v

l’envoyaient à la mort en lui prédisant le terme de ses maux. En outre, il est incapable d'agir, parce que l’action à laquelle l'encourage P ylade exigerait cette foi, qu'il n’a pas.

Oreste est donc incapable de se purifier par un acte accompli selon la volonté divine, et Gæœthe exclut nettement ce mode de rachat. L'idée de ces travaux qui rachètent un coupable est familière aux légendes grecques, et c’est en ce sens que Pylade interprète l'oracle d’Apollon : « Un dieu, ditil, appelle à une action difficile l’homme de cœur qui a failli, il lui impose un travail qu'il paraît impossible d'accomplir : le héros sort vainqueur de l'épreuve, et son expiation sert les dieux et les hommes, qui le vénèrent ! ». Pylade se trompe, comme doit le montrer la suite de la pièce, mais surtout il entre mal dans l’état des sentiments d'Oreste et il lui attribue, sans le savoir, sa propre santé d'esprit etd’àäme. «Nous ne devenons pas justes parce que nous agissons avec justice : nous agissons avec justice lorsque nous sommes deveuus justes »; cette parole de Luther est très justement citée par Stier dans la conclusion de son étude, et nous devons l'entendre ici comme une simple vérité d'expérience. D'où viendra le salut, et quel est le changement moral qui le rendra possible? Serace le repentir? Mais le sentiment de la faute produit plutôt l'abattement et la détresse ?; il brise les ressorts de l’action; il est une condition essentielle du salut*, mais il ne le présente pas à notre conscience comme possible et prochain : plus il est profond, plus il en éloigne l'idée. La foi dans notre délivrance du mal, quand nous avons de ce mal une conscience profonde, peut difficilement venir de nous-mêmes : elle nous viendra plutôt — et ce fut l'expérience personnelle de Gœthe — d'un être dont l'ascendant moral s'impose à

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