‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 115 sur 270 · K. Fischer, o. L., p · texte numérisé non relu

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4. Au sujet de cette fin d’acte il est à remarquer que la « tentation d’Iphigénie », ainsi placée, nous cause quelque étonnement. Les sentiments exprimés dans le chant des Parques ne peuvent pénétrer profondément dans l’âme d'Iphigénie : loin qu'elle s’y attarde, il est au contraire dans sa nature de les repousser avec force. Qu'on se représente Polyeucte, à la fin d’un acte, assailli par les griefs populaires contre les chrétiens (tels qu’ils sont, par exemple, exprimés par Stratonice, III, 151), effrayé de sentir qu’il est près d'y croire, et le rideau tombant tandis qu'il se les redit à lui-même, sans que le poète mette sous nos yeux la résistance qui doit suivre nécessairement. — La fin du IV° acte d'Iphigénie nous montre une absorption du personnage dans le passé, une sorte de méditation lyrique, au lieu du conflit dramatique auquel on s'attend.

deux camps les commentateurs de la pièce, selon qu'ils admettent ou contestent la présence de « l'élément religieux ». Pièce chrétienne, disent les uns, et qui contient tout le mystère de la rédemption; action purement humaine, répondent les autres, et même « antichrétienne ‘ ». Ces opinions opposées sont obtenues par une méthode identique, qui consiste à regarder les données réelles de la pièce comme une enve- Jloppe qu'il faut dépouiller, et à diriger l'interprétation, d'une façon plus ou moins consciente, vers ce que l’on croit être le credo philosophique ou religieux du poète. Le « divin », nous avons pu le voir, ne peut évidemment être exclu de ce drame. Nous y voyons une âme qui, pour devenir en quelque sorte une de ces « monades attractives ? » dont il parlait volontiers, prend sa force dans l'amour d’une divinité juste et bonne. Aussi notre interprétation de la pièce ne peut-elle aucunement, pour être exacte, rester purement humaine. Le divin qu'on prétend en exclure se retrouvera toujours dans cet élément primordial, dans cette force d'impulsion vers un idéal moral, à laquelle Gœthe donne ici la foi pour origine. Mais le mystère d'Iphigénie n'est pas seulement dans cette force : il est aussi dans la façon dont elle se transmet. Gœthe, parlant d'une sorte d'influence magnétique que les âmes exerceraient les unes sur les autres, disait (7 octobre 1827) à Eckermann : nous marchons à tâtons à travers des secrets et des mystères. L'action d'Iphigénie sur Oreste semble tenir aussi de ce magnétisme.

On a rappelé la croyance de Gœthe au « démonique », et l'association d'idées est, en effet, naturelle : pour le poète, le démonique est « ce dont l'intelligence et la raison ne peuvent rendre compte” », et ceux qui le possèdent exercent autour d'eux comme une action surnaturelle; on serait donc tenté de croire qu'{phigénie nous en est un exemple, mais les explications que Gœthe donne sur cette

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