IL, v
roi est brusque et ironique, Iphigénie garde toujours son égalité d'âme : l'expression de ses sentiments les plus profonds reste soumise à la loi de mesure. Les mêmes caractères se retrouvent dans la scène n del’acte IV, entre Arcas et Iphigénie : là, deux stichomythies sont séparées par cinq vers donnés à Arcas : dans la première, il s’agit de la purification de la statue ; dans la seconde, de l'offre de Thoas qu Iphigénie repousse encore avec sa calme énergie‘. Comme il est naturel, ces ripostes pressées se trouvent, en général, non au commencement, mais à la fin des scènes, après un dialogue animé dont elles sont l'aboutissement; Gœthe s’en sert pourtant avec beaucoup de bonheur au début de la scène m1 de l'acte V;la vivacité de ce début est justifiée par les événements antérieurs, par la surexcitation des deux personnages qui s’imputent l’un à l’autre le reproche d'ingratitude ou d’inhumanité?.
Ailleurs, la stichomythie sert moins à mettre des volontés en opposition qu'à donner du relief aux idées essentielles, à condenser la signification d’une scène entière : c’estce que nous voyons, par exemple, dans la deuxième scène du premier acte : par deux fois les vers s'opposent un à un pour marquer d'abord la tristesse d'Tphigénie, puis l’aversion qu’elle éprouve à l'idée d’un mariage avec Thoas*. Le résumé de toute la scène tient dans ces deux stichomythies. De même, lorsque Pylade veut décider Iphigénie à user de ruse‘, le débat s'élève au-dessus de la question présente : nous perdons de vue le danger menaçant, pour ne plus voir que l'opposition d'une morale relative avec la morale absolue. — Enfin certaines stichomythies ont, comme nous le disions plus haut, un caractère purement lyrique : à la fin de la scène nr de l'acte V, lorsqu'Iphigénie s’est efforcée de faire entendre au roi « la voix de la vérité et de l'humanité », dans le court
2. De même, dans Polyeucte, les ripostes égales au commencement de la scène vi de l’acte IL s'expliquent par la résolution déjà prise de Polyeucte et par la vive appréhension de Néarque qui croit devoir lui barrer le chemin.