IPHIGÉNIE A DELPHES. — NAUSIKAA
Iphigénie à Delphes.
Sous l'influence de la même idée de purification et d'apaisement, Gœthe conçoit le sujet d’un autre drame, suite naturelle d'Zphigénie en Tauride, et qui devait former avec elle une sorte de dilogie.
Nous venons de voir qu'Iphigénie en T'auride nous représente Oreste guéri par une sorte d’action psychique. Le drame — ainsi qu'une pièce isolée d'une trilogie antique — forme un tout indépendant; il peut se suffire à lui-même, mais nous n'y voyons pas la purification définitive, qui est réservée au retour du frère et de la sœur à Mycènes'. Nous avons dit plus haut qu'on avait invoqué ce motif pour résoudre la « question de Tantale »; si l’aïeul n’est pas encore réconcilié avec les dieux, c’est, nous dit-on ?, parce que les crimes de la race ne sont pas encore effacés : la trace du sang subsiste encore dans la maison des Pélopides : la complice d'Oreste, Electre, doit être purifiée, elle aussi, pour la part qu'elle à prise au parricide. Il est donc naturel que, pendant la méditation ou l'achèvement de son {phigénie en Tauride, Gœthe se soit représenté les destinées ultérieures de ses personnages :
1. Voir notamment V. 1968-9 : Lass mich hinübergehn und unser Haus entsühnen.