avril
rappelle l'ile des Phéaciens, à ses sens aussi bien qu'à sa mémoire‘. Il achète un texte d'Homère?, lit avec dévotion ce qui se rapporte au séjour d'Ulysse chez Alkinoos et en fait à son ami Kniep des traductions improvisées; le 16 avril, il lit «son pensum » dans l'Odyssée; puis il médite, au pied de la montagne Sainte-Rosalie, sa tragédie de Nausikaa (c’est la première fois qu'apparait ce titre *), il en précise Le plan et se donne le plaisir d'exécuter aussitôt certaines parties qui le tentent.
Le 17 avril, Gœthe vient à la même place poursuivre sa méditation poétique, mais un « fantôme » qui le hante depuis quelques jours déjà s'empare tout d'un coup de son esprit : c'est l’idée de la « plante primitive » : « Le jardin d’Alkinoos a disparu; le jardin du monde s’est ouvert ». C’en est fait dès lors de sa tragédie, qui ne sera jamais achevée : il y pense encore cependant; le 18 avril, il écrit à Mme de Stein : « Ce que je vous prépare me réussit à souhait : j'ai déjà pleuré de joie à l'idée du plaisir que je vous ferai ». C'est à la date du 1 mai 1787 que Nausikaa est pour la dernière fois mentionnée dans le Voyage en Italie; assis sur des branches d'oranger, dans un pauvre jardin de paysan, près de Taormina, il médite encore le plan de sa tragédie. On a quelquefois pensé que le
. résumé fait de mémoire er 1816 et inséré dans le Voyage en Italie nous donnait le résultat de cette méditation. Mais B. Suphan, dans son excellente édition critique“, et Max