‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 131 sur 270 · Cf. édition de Weimar, p. 419, notes : H24°, H? BI · texte numérisé non relu

Cf. édition de Weimar, p. 419, notes : H24°, H? BI

4. Scherer tient pour vraisemblable qu'Alkinoos .objecte ici l'oracle d’après lequel Poseidon, irrité de voir les Phéaciens reconduire sans péril les naufragés jetés à la côte, doit un jour détruire un de leurs vaisseaux et masquer leur port par une grande montagne (Od., VIII, 564etsuiy., XII, 147 et suiv.). L'idée est ingénieuse, mais nous savons que Gœthe, lorsqu'il écrit le scénario, a un souvenir assez vague de l'épisode.

persuasive. Le héros artificieux ne lui dit apparemment que ce qu'il juge opportun, mais il trouve moyen de mettre à profit la sympathie de Néoros, en lui faisant promettre d'aider, à l'occasion, « son compagnon », c’est-à-dire Ulysse.

Au troisième acte du schéma, et dès la première scène, se révèlent les sentiments de la jeune fille. Nausikaa parle d'Ulysse avec Eurymédousa, et fait à la vieille intendante la confidence de son amour. Néoros survient, et dit, à son tour, sa sympathie pour l'étranger, dont il admire la contenance virile. Alkinoos fera-t-il conduire son hôte à Ithaque? La décision n’est guère douteuse, et l’ordre qu'a donné le roi de préparer des vêtements et des présents montre que le départ d'Ulysse est prochain. C’est donc avec tristesse que la jeune fille obéit à son père, et Néoros, à qui les sentiments de sa sœur n’ont point échappé, la raille doucement‘. Restée seule, Nausikaa s'abandonne à sa douleur : elle sent trop quel amour profond elle éprouve maintenant pour cet étranger qu'elle avait d'abord admiré, le trouvant si différent des jeunes hommes qui la recherchent, par sa nature presque divine. Et cependant 1l doit partir *, et sans doute il n’a pour elle d'autre sentiment que la reconnaissance! Tandis que Nausikaa souffre de cet amour malheureux, Ulysse paraît : il vient sans doute la remercier de l'accueil qu'elle lui a préparé dans la maison du roi, mais il persiste dans sa dissimulation : la jeune fille lui demande s’il est marié ou si quelqu’une des « belles captives troyennes » a son amour; il sait éluder ces questions et donner à l'entretien un tour moins dangereux : il vante les douceurs de Scheria * qu'il oppose à l’âpre nature‘ de son Ithaque. Nausikaa lui donne à entendre, selon son vœu le plus ardent mais sans le trahir de façon trop manifeste, qu'il

1. Le vers 137 : Du gäbst ihm gern den besten, merck’ich wohl, est justement rapporté par Scherer à l'indication : Scherz des Bruders (II, 2).

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