Und er soll scheiden ! (esquisse, se., KI
3. C'est ici que se trouvent ces vers si typiques : Und nur die hüchsten Nymphen des Gebirgs | Erfreuen sich des leichtgefallnen Schnees | Auf kurze Zeit (v. 131 et -suiv.).
&. Tpnysia, Od., IX, 27.
ne tient qu à lui de rester parmi les Phéaciens !, — Quelle est la réponse d'Ulysse, et que contient le monologue de Ja jeune fille, dans la cinquième scène, c'est ce qu’on peut diversement conjecturer. Scherer pense que les paroles d'Ulysse sont évasives, et que Nausikaa garde de l'espoir : on peut l’admettre, mais en étant certain qu’elle éprouve encore plus d'inquiétude et de douleur.
Le quatrième acte, faute d'indications complémentaires de l'esquisse, laisse plus qu'aucun autre le champ à l'hypothèse. Il s'ouvre sur la réunion des Anciens qui doivent prendre une décision au sujet du rapatriement d'Ulysse. Néoros y paraît, puis Nausikaa qui, sans doute, vient chercher une nouvelle qu'elle attend avec angoisse. Lorsque la décision est prise, Ulysse vient la recevoir : à ce moment il jette le masque, et se fait connaître pour le roi d'Ithaque et le mari de Pénélope”. Le peu d'espoir que gardait la jeune fille est donc maintenant anéanti.
Le schéma nous donne pour le cinquième acte une suite de scènes dont le contenu se laisse aisément restituer. Le désespoir de Nausikaa et la résolution qu'il entraîne sont exprimés dans le monologue du début; deux scènes suivent, où nous voyons Alkinoos, Ulysse et Néoros occupés des préparatifs du départ, puis l’intendante seule, pleine d'inquiétude et de pressentiments. Enfin vient la scène principale de l'acte, que l’arrivée du messager divisera en deux
-moments; Gœthe, dans une note, nous donne un bref résumé de la première partie : Alkinoos explique à Ulysse qu'un sentiment de pudeur empêche sa fille de se laisser voir, mais qu'il ne doit ni ne peut la mal juger. Ulysse répond avec
1. Nous croyons, avec Max Morris, qu'il faut placer à cet endroit les vers 120-8 où Nausikaa dit à Ulysse qu’il n’est pas de ces hôtes trompeurs qui ne laissent après eux que désillusion. Ce passage est d’un bel effet d'ironie tra-
‘ gique. Remarquons aussi ces vers d’une beauté si gœthéenne : Sinn und Zusammenhang hat deine Rede. Schôün Wie eines Dichters Lied tônt sie dem Ohr Und füllt das Herz, und reisst es mit sich fort. 2. Max Morris, art. cité, p. 106, montre bien que cette révélation doit se faire -ici, car elle est supposée par la quatrième scène de l'acte V, et, dès la première scène de cet acte, Nausikaa est décidée à mourir.
tristesse qu'il a conscience de son tort et qu'il se le reproche amèrement; il ne veut pas partir ainsi, en laissant la douleur dans la maison de son hôte : il voit un moyen d'y apporter la joie, en donnant son fils pour époux à Nausikaa. Alkinoos refuse d’abord', mais la parole persuasive d'Ulysse? l'emporte enfin : il est convenu que Télémaque viendra chez les Phéaciens, que les jeunes gens apprendront à se connaître et « se choisiront ». Alkinoos se réjouit à cette pensée”, lorsqu'un messager vient annoncer sinon la mort de Nausikaa, du moins quelque nouvelle qui la fait pressentir. Au second moment de la scène entre Alkinoos et Ulysse, la situation des personnages est très émouvante : Ulysse est désespéré, le roi, malgré sa douleur, n'oublie pas ses devoirs d'hospitalité; on peut se représenter la fin de la pièce comme une sorte de thrène, dominé par l’idée de fatalité.
Le schéma et le plan étant, comme nous l'avons dit, d’époques très distantes, ne peuvent être étudiés que séparément. Quoique fort différent du dessein primitif, le plan restitué « de mémoire » est loin d'être sans intérêt : il nous montre comment Gœthe, après trente ans écoulés, concevait ce sujet de Nausikaa. Il le conçoit comme une « concentration dramatique » de l'Odyssée. Le schéma nous esquissait un drame d’un caractère intime et se passant dans un cercle de famille assez restreint : voici que ce cercle s’élargit, et qu'apparaissent les prétendants, qui n'avaient aucun rôle dans le premier dessein‘. Le plan leur fait une assez large place au deuxième et troisième actes : ce troisième acte devait être, au dire de Gœthe, « rempli par la personnalité d'Ulysse et par le récit de ses aventures »; les impressions
4. En revanche, nous ne retrouvons plus le personnage de Néoros, si bien conçu, et qui contribuait à donner à la pièce son caractère -d’intimité.
différentes produites par les diverses parties du récit sur chacun des personnages présents devaient mettre en relief les caractères, el nous aurions vu surtout comment l'intérêt de Nausikaa pour son hôte devient un amour qui déjà se contient avec peine. Morceau d’éthopée d'une invention assurément ingénieuse, sorte de rhapsodie dramatique où chaque détail devait contribuer à l’action présente.
Nous avons ici, comme l’a bien montré Max Morris, un écho des célèbres réflexions de Gœthe et de Schiller sur la nature du drame et de l'épopée. En se rappelant cette tragédie de MNausikaa, jadis commencée et abandonnée, ‘Gæthe est maintenant frappé du problème que pose ce sujet : comment transformera-t-on la matière épique pour l’approprier au drame; comment observera-t-on la différence fondamentale des deux genres? Cette différence, personne ne l'avait mieux analysée, nous le verrons’, que l’auteur de la dissertation Poème épique et Poème drainatique : il avait bien vu quil n'était guère d'objet qu'un des deux poèmes pût revendiquer exclusivement comme sien, et néanmoins il avait su distinguer avec netteté les motifs employés plus spécialement par l’un et par l’autre”. Le souvenir de sa correspondance avec Schiller lui fait voir maintenant dans Nausikaa un cas intéressant où pouvaient être appliquées leurs théories; mais il est bien certain qu'à l'époque où il traçait la première esquisse, Gœthe était fort loin de prendre à son sujet de tragédie ce genre spécial d'intérêt.
Nous trouvons encore une autre différence essentielle entre le schéma primitif et le plan de 1816. Elle est, sinon dans la