‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 150 sur 270 · V. 310-1. Voir aussi, v · texte numérisé non relu

V. 310-1. Voir aussi, v

4. Voir notamment III, 1v, v. 2065-2091. Cette « gracieuse faiblesse » dont Antonio parle avec ironie (v. 2090) est le même défaut qui rend Chatterton incapable « de faire un autre métier que celui d'écrire ». « Eussé-je les forces d’Hercule, s’écrie-t-il, je trouverais toujours entre moi et mon ouvrage l’ennemie fatale née avec moi, la fée malfaisante trouvée sans doute dans mon berceau, la distraction, la poésie! » (Acte I, scène v.)

avec des natures foncièrement opposées à la leur, enfin la souffrance qu'un sentiment refoulé multiplie dans ces âmes exaltées. Si nous laissons de côté, dans Chatterton, le ridicule Beckford, ou ces deux personnages de coulisse Bale et Skirner, sortes de symboles du conflit du poète avec les réalités, nous voyons que Vigny met son héros en contraste d'une part avec John Bell, parvenu cupide, et dominateur impitoyable, d'autre part avec lord Talbot, qui s’oppese à Chatterton comme le son d'un grelot à un chant d'église. Par leur rudesse ou leur insouciante légèreté, ces deux personpages torturent son âme délicate et profonde. Mais c'est le mot du quaker : « N'épouvante pas cette femme qui l'est étrangère » qui lui causera la pire souffrance, en lui faisant sentir son isolement, et les barrières que la vie lui oppose de toutes parts. Ce dernier motif rappelle d’assez près celui qui déchaine le désespoir de Tasso (LV, v).

Ces analogies s’accompagnent, il est vrai, de dissemblances assez nombreuses : Chatterton, par certains côtés, ressemble plus à Werther qu'à Tasso. Celui-ci n'est nullement atteint de « cette maladie qui saisit les âmes ardentes », c'est-à-dire « l’obstiné suicide ? », et il ne se sent pas un paria que la vie rejette impitoyablement. Nous avons lieu de croire cependant que ce personnage romantique descend directement du Tasso de Gœthe. Leur parenté fut, dès l’abord, si frappante, que Gustave Planche commençait son article de la Revue des Deux Mondes* en les rapprochant. L'analogie des deux ouvrages va même assez loin : ce n'est pas seulement par le sujet que la pièce française ressemble à la pièce allemande : c’est aussi par sa composition qui rompait avec la formule

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