‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 154 sur 270 · Hipp. steph · texte numérisé non relu

Hipp. steph

3. Le dénouement de Tasso qui résout, pour ainsi dire, le problème de la

rience personnelle et, comme il le disait, « la chair de sa chair », que les sujets d’Zphigénie et de Tasso, où des âmes tourmentées sont amenées, comme on vient de le voir, à la guérison et à l’apaisement, nous apparaissent comme étrangement semblables dans leur fond.

destinée du poète, dépasse singulièrement, et même nous fait perdre de vue (c'est là son fort et son faible), ce qui était proprement l'action tragique de la pièce. Adolf Metz (Die Tragüdie in Gœthes Tasso. Preuss. Jahrb. Bd 122; 1905) dit avec raison que si l’on veut comprendre la fin de Tasso, il faut moins envisager la suite et les données réelles de l’action que le dessein du poète. H. v. Hofmannsthal, dans l’Entretien précédemment cité, exprime de façon vivante et originale une idée analogue : « .….. L’évènement lui-même, qui semble tout mettre en mouvement, est sans importance, sans réalité; c'est proprement un trompe-l'œil, comme la forme du jet d’eau, la forme de la vague... » (O. L. p. 141). — On trouvera de justes remarques sur la composition de Tasso dans l’article de G. Witkowski : Gœthes Torquato Tasso als dramatisches Kunstwerk (Jahrb. d. Fr. d. Hochst. 1903, p. 265-281.)

Les Théories. — La pratique du théâtre.

Il n'entre pas dans notre sujet de faire — à notre tour — une psychologie de l'amitié de Gœthe et de Schiller, non plus qu'une étude générale de leur commerce d'idées et de théories esthétiques. Nous nous bornerons aux idées qu'ils échangent sur le drame en s'inspirant des Anciens, et aux dissertations de Gœthe. Le génie de Gæœthe, plus objectif, at-il avec les Grecs plus d’affinité que celui de Schiller, peu nous importe ici. Il suffit de constater qu'à l'époque où commence cette intimité féconde, ils ont le même idéal. Schiller ne lit les auteurs grecs qu'en traduction, mais Humboldt n'est pas seul à lui rendre témoignage qu'il a su pénétrer profondément et s’assimiler le génie antique : Schiller est lui-même persuadé qu'il a avec les Grecs la plus intime affinité et qu'il ne diffère d'eux que par l'effet « d'un hasard d'éducation” ». La ZX° lettre sur l'éducation esthétique est comme le manifeste d'un du Bellay moins formaliste et plus philosophe : « Qu'une divinité bienfaisante vienne arracher à temps le nourrisson du sein de sa mère, qu'il le nourrisse du lait d'un âge meilleur, qu'il le laisse arriver à sa maturité

Page 1