Ibid., p
4, XLIIT, XLIV.
toute règle arbitraire que si elle était simplement une production de la nature; en d’autres termes, l’art ne peut-être appelé beau que si — bien que nous ayons conscience que c’est de l’art!, — il nous fait l'effet de la nature.
Gœthe nous parlait de son peu d'entente avec les Kantiens : nous voyons, en effet, qu'il était en profond dissentiment avec les idées de Schiller sur les rapports de la Nature, non plus avec l’art, mais avec le Beau lui-même. Dans son étude sur la Grâce et la dignité”, Schiller, après avoir défini la grâce : « une beauté qui n’est pas donnée par la nature, mais produite par le sujet lui-même », ou encore : « la beauté de la forme sous l'influence de la libre volonté », arrive à poser certains principes dont l'intellectualisme absolu répugne à Gœthe. Il prèche « l'Évangile de la liberté », et Gæthe qui ne veut pas voir restreindre les « droits de la Nature », trouve que « cette bonne mère » est traitée par Ini trop durement. Nous comprenons, en effet, comment les idées directrices de la dissertation pouvaient choquer Gœæthe : Schiller pènse que « la beauté architectonique de l'homme est l’expression sensible d’une idée de raison », que « la nature partage le pouvoir avec la liberté, et que si ses lois ont une autorité permanente, c'est cependant l'esprit qui décide sur les cas de leur application »; et les « duretés » dont parle Gæthe se trouvent dans des aphorismes tels que celui-ci : « Pour le Grec, la nature n'est jamais purement nature : aussi n’a-t-il pas à rougir de l'honorer ». Ces duretés ne se retrouveront plus dans les Lettres sur l'éducation esthétique; Gæthe fera des efforts opiniâtres pour faire adopter à Schiller sa conception de la poétique des Grecs’, et c'est de là que sortira l'Essai Sur la poésie naïve et sentimentale.
Les idées de Schiller sur le Gracieux ne sont, en somme, qu'une adaptation de la théorie kantienne de l’Zdéal. Dans cette beauté de la forme sous l'influence de la libre volonté,
1. Grâce à cette restriction la théorie de Kant reste d'accord avec les idées de Gæthe dans Wahrheit und Wahrscheinlichkeit der Kunstwerke, p. 332, Gœdeke.