‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 158 sur 270 · Zur Naturw. im Allg., p · texte numérisé non relu

Zur Naturw. im Allg., p

nous retrouvons les deux éléments distingués par Kant!, l'idée normale du Beau, et l'idéal proprement dit : l’une est « le type qui sert comme de principe intentionnel à la technique de la nature? », c’est l’image que la nature semble avoir prise pour type de ses productions dans une espèce”, c’est une règle qu'on peut comparer au Doryphore de Polyclète, ou à la Vache de Myron; l’autre, qui consiste dans « l’expression du moral », incarne dans une représentation corporelle certaines qualités de l’âme, bonté, pureté, force, tranquillité. Cette théorie est la justification philosophique de celle des « masques idéals » que nous trouverons dans la Correspondance au sujet des personnages de la tragédie grecque ‘. Dans l’état de contemplation, selon Kant, l’entendementtrouve satisfaction à constater qu'un être organique « reproduit les traits typiques de l'espèce, du genre, de la classe à laquelle il appartient, tout en s’en éloignant d’ailleurs par des caractères qui constituent sa beauté individuelle® ». Car l’idée normale, pour Kant”, n'est pas le prototype de la beauté dans une espèce, mais seulement la forme qui constitue la condition nécessaire de toute beauté, c’est-à-dire « l'exactitude dans l’exhibition de l'espèce ». Cet idéal, ainsi défini, ne peut exister pour la beauté vague, mais pour celle que détermine « le concept d'une finalité objective », en d’autres termes « celui qui trouve en lui-même le but de son existence, qui, par la raison, peut se déterminer à lui-même ses propres fins. l’Aomme seul, parmi les autres objets du monde, est capable d’un idéal de la beauté ». Nous n'avons pas à nous préoccuper ici de savoir si la distinction des deux beautés (vague et adhérente) se justifie en elle-même, ou dans la théorie de Kant° : nous constatons seulement sa conformité avec l’es-

AD ERVIT.

2. Ibid., Barni I, p. 119, 3. Voir l'analyse critique de V. Basch dans son excellent ouvrage L’esthétique de Kant IV, 1x, p. 198 et suiv.

Page 1