‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 161 sur 270 · à mai · texte numérisé non relu

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craignent « comme les enfants craignent le bâton ». Et nous retrouvons ici une idée familière à Schiller : Shakespeare, malgré ses écarts, « se serait mieux accordé avec Aristote que toute la tragédie française ». L'idée fondamentale de ce commentaire — la pointe finale mise à part — est dans une observation de Gœthe, après sa nouvelle lecture de la Poéhique : «il est étonnant de voir comme Aristote se tient uniquèment à l'expérience : il devient par là, si l’on veut, un peu trop matériel, mais sa démarche en est d'autant plus ferme" ». Cetétonnement, que Schiller éprouve aussi, —nousl’avons vu, — vient de ce que la méthode d’Aristote est presque inverse de celle des deux poètes : ceux-ci partent des principes les plus généraux de l’art, et de son essence même, pour descendre de là jusqu'à la tragédie : l’'empirisme du philosophe consiste à rechercher, la-tragédie étant donnée comme genre, quelle est l'importance relative de ses éléments, et dans quelles conditions l'impression tragique est le mieux obtenue. Son point de départ est donc bien dans le fair, c'est-à-dire dans le genre qui est « l’imitation de l'homme agissant » , et dans l’abondante production tragique qui sert de matière à son analyse. L'influence de cette méthode se fait sentir dans la dissertation sur le drame et l'épopée (Ueber epische und dramatische Dichtung) où Gæœthe a résumé l'essentiel des idées échangées avec Schiller. La comparaison des deux poèmes n'a, dans le détail, que peu de rapport avec celle que fait Aristote, mais le procédé d'analyse est le même, bien que Gœthe déduise ses « critères » des fins spéciales de chaque genre et non des œuvres où. elles semblent réalisées? : de la méthode d’Aristote, il retient, en somme, ce qu'elle ade moins empirique. Il est inutile d'entrer ici dans le détail de cette dissertation, que Gœthe a surtout composée pour mettre Hermann et Dorothée en regard du pur concept et des règles strictes du poème épique. Il éprouvait, en effet, quelque

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